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Santé

Chirurgies, médecin de famille, privé : les remèdes des partis pour un réseau qui s’améliore lentement

Le nombre de patients qui attendent une chirurgie depuis plus d’un an a fondu depuis 2024, mais l’accès à un médecin de famille reste le talon d’Achille du réseau. Les partis proposent des solutions très différentes, du privé aux CLSC.

3 min de lecture
Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Photo : JBouchez / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

4015. C’est le nombre de Québécois qui attendaient une chirurgie depuis plus d’un an au 22 août 2026, selon le tableau de bord du ministère de la Santé cité par La Presse. Ils étaient 6515 en mai 2025 et 11 213 en mai 2024. L’indicateur s’est donc nettement amélioré en deux ans, ce que La Presse a confirmé en vérifiant une affirmation de Christine Fréchette au dernier débat des chefs.

L’accès à un médecin de famille, lui, reste le point faible. Christine Fréchette a réitéré l’engagement d’offrir à chaque Québécois une inscription auprès d’un médecin ou d’un groupe de médecine familiale (GMF). La CAQ avait déjà pris ce genre d’engagement en 2018, puis en 2022, sans jamais y parvenir.

Le chef libéral Charles Milliard refuse de suivre. « On ne peut pas promettre en ce moment un médecin à tous les Québécois. C’est malhonnête de faire ça », a-t-il déclaré à Sherbrooke. Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon est resté tout aussi prudent.

Le privé en renfort

La CAQ et le Parti conservateur sont les plus ouverts au privé. La CAQ redirigerait les patients vers une autre région après six mois d’attente pour une chirurgie, puis vers le privé après neuf mois. L’État financerait 100 000 examens d’imagerie médicale de plus par année en envoyant les patients vers des cliniques privées. Les médecins pourraient pratiquer à la fois dans le public et dans le privé, et 200 médecins de famille de plus seraient formés en région chaque année.

Le Parti conservateur va plus loin : il mettrait fin au monopole de la Régie de l’assurance maladie (RAMQ). Les Québécois pourraient ainsi souscrire une assurance privée dite « duplicative », c’est-à-dire couvrant des soins déjà offerts par le régime public. Le parti formerait 500 médecins et 1500 infirmières de plus chaque année.

Santé Québec dans la mire

Le Parti québécois et le Parti conservateur aboliraient Santé Québec, l’agence qui gère le réseau depuis la réforme de la CAQ. Selon le PQ, l’abolition permettrait d’épargner de 40 à 100 millions par année, réinvestis dans les centres locaux de services communautaires (CLSC) et la réduction des listes d’attente. Y aurait-il moins de fonctionnaires? « Globalement, vous avez raison de dire que la taille du nombre de fonctionnaires pour gérer la santé va diminuer », a répondu M. St-Pierre Plamondon, sans avancer de chiffres.

Le PQ ferait des CLSC la « porte d’entrée » du réseau, avec 150 millions sur quatre ans. Il ajouterait 550 millions sur quatre ans en prévention et 1,3 milliard en soutien à domicile, et doublerait l’aide financière aux patients forcés de se déplacer hors de leur région pour être soignés.

La première ligne publique

Le PLQ mise sur une plateforme publique de télésanté, où l’on pourrait consulter une infirmière ou un médecin à distance avec sa carte d’assurance maladie. Il alignerait les salaires des travailleurs de la santé de l’Outaouais sur ceux de l’Ontario pour freiner leur départ vers l’autre rive. Il consacrerait 5 % du budget de la santé à la prévention d’ici dix ans.

Québec solidaire ferait passer le nombre de CLSC de 147 à 200 en un premier mandat, puis à 400 dans un deuxième, au coût estimé de 1,8 milliard par année, selon le parti. Il rendrait aussi la contraception gratuite.

Ce qu’il faudra mesurer

Les promesses sont nombreuses; les résultats, eux, se mesurent. Le prochain gouvernement devra être jugé sur deux chiffres : le nombre de patients qui attendent une chirurgie depuis plus d’un an, et le nombre de Québécois sans médecin de famille. Le premier baisse. Le second reste le vrai test.

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