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Santé

Une heure d’activité physique par jour à l’école : le PQ et le PCQ s’y engagent, les autres partis hésitent

À trois jours du vote, Radio-Canada a sondé les cinq principaux partis sur l’activité physique. Entre heure obligatoire, infrastructures et prévention, les promesses diffèrent, tout comme leur coût.

2 min de lecture
L’école secondaire Hormisdas-Gamelin, dans le secteur Buckingham, à Gatineau (photo d’illustration, 2024). Photo : Jean-Philippe Bujold / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Faire bouger les jeunes une heure par jour à l’école : l’idée revient souvent dans les débats sur la santé. Dans cette campagne, deux partis en font un engagement ferme, le Parti québécois et le Parti conservateur du Québec. Les trois autres préfèrent miser sur d’autres leviers, selon un tour d’horizon de Radio-Canada.

Une précision s’impose avant d’aller plus loin : les candidats interrogés défendent des promesses, pas des résultats mesurés. Le reportage ne cite aucune évaluation chiffrée de l’effet attendu de ces mesures sur la santé des élèves.

L’heure obligatoire

Au PQ, c’est l’engagement phare : 60 minutes d’activité physique par jour pour les élèves du primaire et du secondaire. Le candidat Charles Page, alpiniste qui se présente dans Drummond–Bois-Francs, y voit une école de « persévérance », de « discipline » et de « confiance ». Le parti prévoit 550 millions de dollars sur quatre ans en prévention dans le budget de la santé. « On va avoir de meilleurs élèves aujourd’hui et moins de malades plus tard », soutient-il.

Au PCQ, Marcel Bouchard, porte-parole en matière de sport et ancien enseignant en éducation physique pendant 35 ans, défend la même cible. « Pour nous autres, c’est une priorité, c’est fondamental. On va prendre un cours, on va l’enlever », explique-t-il. Autrement dit, l’heure de mouvement se ferait à l’intérieur de l’horaire existant, en retirant un autre cours.

Les autres priorités

La Coalition avenir Québec mise surtout sur les infrastructures. Le parti sortant a annoncé début septembre 300 millions pour des installations récréatives, sportives et de plein air, 200 millions pour construire des gymnases dans les écoles et 150 millions pour rénover des cours d’école. Une enveloppe de 200 millions servirait aussi à agrandir certains parcs de la SÉPAQ et à en réduire le coût d’accès, selon la candidate Julia Brillant-Ruest, dans Rimouski. Sur l’heure quotidienne, elle se dit favorable à « plus de mouvement », sans engagement précis.

Le Parti libéral du Québec veut faire passer la part de la prévention dans le budget de la santé de 1,75 % à 5 % en 10 ans. Son porte-parole, l’ancien joueur de la LNH Enrico Ciccone, appuie personnellement l’heure quotidienne, mais elle ne figure pas dans les engagements du parti. « Il y a une réticence au niveau des syndicats des professeurs qui se demandent comment le faire », dit-il. Le PLQ rendrait l’accès aux parcs nationaux gratuit pour les Canadiens.

À Québec solidaire, le candidat Frédéric Aubé, dans La Peltrie, juge l’idée bonne, mais veut d’abord consulter les experts. Il cible un angle mort : le sport récréatif, pour ceux qui veulent simplement jouer pour le plaisir.

Ce qu’il faut retenir

Deux approches se dessinent. D’un côté, une obligation dans l’horaire scolaire, simple à comprendre, mais qui suppose de réorganiser le temps de classe. De l’autre, des centaines de millions en gymnases, en installations et en accès aux parcs, dont l’effet sur l’activité réelle des jeunes reste à mesurer.

Dans les deux cas, la même question demeure, et aucun parti n’y répond avec des chiffres : combien de jeunes bougeront vraiment davantage, et comment le saura-t-on? Sans indicateur de suivi, la promesse la plus généreuse risque de se mesurer en dollars dépensés plutôt qu’en minutes d’activité.

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