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Fracturé au Mondial, Ismaël Koné court de nouveau et vise un retour complet en décembre

Le milieu québécois quitte Montréal dimanche pour rejoindre Sassuolo, en Italie. Son agent évalue à 25 à 30 millions d’euros les offres de transfert que la blessure lui a fait perdre.

3 min de lecture
Ismaël Koné (no 8) lors du match Canada–Qatar de la Coupe du monde, le 18 juin 2026. Photo : Bryan Berlin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Il a recommencé à courir. Pour Ismaël Koné, c’est déjà une victoire. Victime d’une fracture du tibia et du péroné pendant la Coupe du monde, le milieu de terrain québécois respecte jusqu’ici l’échéancier fixé après sa chirurgie, sans rechute ni mauvaise surprise. Il espère revenir au jeu en décembre en ayant récupéré 100 % de ses capacités, a-t-il raconté à Radio-Canada.

Dimanche, après trois mois passés à Montréal auprès de sa mère, avec l’accord de son club, il s’envolera pour l’Italie et rejoindra Sassuolo, en Serie A. Son entraîneur personnel avait fait le voyage pour l’accompagner dans sa réadaptation.

La 57e minute

Le joueur de 24 ans arrivait au Mondial disputé à domicile au sommet de sa forme, après une bonne saison à Sassuolo qui avait fait oublier un passage décevant à l’Olympique de Marseille. Jesse Marsch le voyait comme un rouage important de l’équipe. Koné avait disputé les 90 minutes du match nul de 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine.

Contre le Qatar, le Canada menait 3-0 quand le tacle d’Assim Madibo l’a fauché, à la 57e minute. Tibia fracturé.

« Je vois ma jambe, je suis sous le choc. Je comprends vite que je ne pourrai pas la recoller et revenir au jeu dans cinq minutes ou au prochain match. C’est ça qui me fait le plus mal », se souvient-il.

Sur la civière, il s’est assis et a levé le pouce. « Rapidement, je pense à ma mère qui me voit par terre et qui ne sait pas ce qui se passe. Je veux lui montrer que ça va aller », explique-t-il.

Moïse Bombito, qui avait vécu une blessure semblable peu de temps avant, a été le premier à venir le rassurer. Puis les gradins se sont mis à scander son nom. « Je n'ai jamais été aussi fier d'être Canadien qu'à ce moment-là », confie Koné.

Son grand ami Nathan Saliba, entré à sa place les larmes aux yeux, a marqué quelques minutes plus tard avant de brandir son maillot. Saliba est depuis devenu un homme de confiance de Marsch et a rejoint Villarreal, en Espagne.

Le prix d’une blessure

Le soccer professionnel est aussi un marché, et son agent, Nick Mavromaras, ne cache pas la facture. « Je pense qu’on aurait eu des offres entre 25 et 30 millions d’euros », avoue-t-il. Le jour de la blessure, depuis Montréal, il pensait déjà à la suite : « C’est son salaire, c’est son futur. »

À son retour au jeu, Koné aura six mois pour prouver qu’il est toujours le joueur d’avant la Coupe du monde. L’objectif : rattraper le temps perdu avant le marché des transferts de l’été prochain.

Un moral d’acier

Plutôt que de se décourager, le Québécois affiche un positivisme étonnant. « Je me dis que rien n'arrive pour rien et que ça fait partie du foot », dit-il. Son vrai moment de tristesse, il l’a vécu sur le banc, impuissant, lors de l’élimination du Canada contre le Maroc.

Il a pu s’appuyer sur des coéquipiers passés par là, dont Moïse Bombito, Tajon Buchanan et Maxime Crépeau, tous touchés au tibia ces dernières années. « Max m'a donné beaucoup de conseils », souligne-t-il.

Formé au CS Saint-Laurent, passé par le CF Montréal, Watford et Marseille depuis ses débuts professionnels en 2021, Koné garde de grandes ambitions. Il rêve de grands clubs, et pense constamment à la prochaine Coupe du monde, dans quatre ans. Le Québécois est catégorique : il n’a pas dit son dernier mot.

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