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Yémen : 26 raids saoudiens sur Sanaa, selon les houthis, et un site d’Aramco en flammes près de Riyad

Le front yéménite de la guerre au Moyen-Orient s’embrase autour du détroit de Bab el-Mandeb, devenu stratégique depuis les restrictions iraniennes à Ormuz. Le cabinet de Donald Trump s’est réuni à Camp David.

2 min de lecture
La vieille ville de Sanaa, capitale du Yémen contrôlée par les houthis (photo d’archives). Photo : Hamza Shiban / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Les houthis, rebelles yéménites proches de l’Iran, affirment que l’aviation saoudienne a mené samedi 26 raids sur Sanaa, la capitale qu’ils contrôlent. Au même moment, un journaliste de l’Agence France-Presse a vu des flammes et de la fumée s’élever d’un site du géant pétrolier Aramco près de Riyad, a rapporté La Presse.

Pour les automobilistes d’ici, ce conflit n’a rien d’abstrait : il se joue autour de passages maritimes et d’installations pétrolières qui comptent dans le commerce mondial des hydrocarbures.

Un incendie encore inexpliqué

Les causes de l’incendie chez Aramco restent floues, et les autorités saoudiennes ne se sont pas exprimées dans l’immédiat. Les houthis n’ont pas revendiqué l’attaque. Ils ont toutefois déjà affirmé avoir visé deux fois des installations de la société : le mois dernier à Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août dans le sud de l’Arabie saoudite.

La chaîne Almasirah, affiliée aux rebelles, a fait état de 26 frappes d’« avions ennemis » sur Sanaa dans la journée, sans détail sur d’éventuelles victimes. Selon les houthis, la capitale avait été visée jeudi pour la première fois depuis des années.

Sur place, un correspondant de l’AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs; un autre a vu deux avions de combat tirer des missiles. Almasirah a aussi accusé l’armée saoudienne de viser le réseau de télécommunications de la région de Saada, fief des rebelles dans le nord du pays.

Bab el-Mandeb, le goulot à surveiller

Les hostilités entre les houthis et l’Arabie saoudite, voisine du Yémen et alliée de son gouvernement reconnu par la communauté internationale, ont repris en juillet et ne connaissent pas de répit depuis.

En septembre, les rebelles ont lancé une offensive éclair et se sont emparés du littoral de la mer Rouge, après avoir décrété un blocus de la flotte saoudienne. Ils resserrent ainsi leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce passage a pris une importance nouvelle depuis que l’Iran impose de fortes restrictions à la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique du commerce mondial des hydrocarbures, de l’autre côté de la péninsule arabique. Ces restrictions remontent à la fin février, après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.

Deux passages maritimes majeurs de la région sont donc sous tension en même temps. Ajoutez des installations pétrolières saoudiennes visées à répétition, et l’équation énergétique se complique pour tous les pays importateurs.

Washington réfléchit, Riyad attend

Selon le site américain Axios, qui cite trois responsables américains, les principaux membres du cabinet de Donald Trump se sont réunis vendredi à Camp David pour discuter des prochaines étapes à l’égard de l’Iran et de la situation au Yémen.

Les appels à l’aide internationale lancés par Riyad, notamment auprès de son allié américain, sont pour l’instant restés sans réponse concrète.

Sur le terrain, la dernière offensive terrestre des houthis a fait des centaines de morts. Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a averti vendredi que la crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice ».

La suite

Les sources ne font état d’aucune décision issue de la réunion de Camp David, alors que les tractations diplomatiques pour régler le conflit régional piétinent. Pour l’heure, Riyad attend toujours le coup de main de Washington, et la guerre au Moyen-Orient compte un front actif de plus.

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