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Vol Flydubai : Trump soupçonne l’Iran et promet de le frapper « très fort » si son rôle est prouvé

Deux jours après l’attaque au couteau d’un copilote dans un avion reliant Dubaï à Tel-Aviv, les motifs restent flous. Le commandant blessé raconte comment il a déverrouillé la porte du poste de pilotage, et Washington renforce sa présence militaire dans le Golfe.

3 min de lecture
Un Boeing 737 MAX de Flydubai à l’aéroport de Cracovie, en 2024 (photo d’archives). Photo : Bahnfrend / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Un copilote attaque son commandant au couteau à bord d’un avion de ligne, l’appareil plonge, des passagers forcent le poste de pilotage : l’incident du vol Flydubai entre Dubaï et Tel-Aviv aurait pu rester un drame aérien. Il est en train de devenir une affaire d’État au Moyen-Orient, depuis que Donald Trump a désigné l’Iran comme suspect probable.

«Ils seront frappés très fort, ne vous en faites pas», a répondu le président américain lorsqu’une journaliste lui a demandé si les États-Unis répliqueraient si la responsabilité de Téhéran était démontrée, selon Radio-Canada. Croit-il à l’implication iranienne? «Je dirais que la réponse est oui, sur la base de ce que j’entends, mais nous travaillons là-dessus en ce moment même», a-t-il déclaré à la Maison-Blanche.

Ce que l’on sait du vol

L’avion transportait 174 personnes, dont 166 Israéliens et huit membres d’équipage, selon les médias cités par La Presse. Il a dû se poser en urgence en Arabie saoudite mercredi. D’après des voyageurs, l’assaillant a poignardé le commandant pour faire s’écraser l’appareil, provoquant une perte d’altitude d’environ 5000 mètres en une minute.

Les autorités saoudiennes ont confirmé jeudi que le copilote avait attaqué son collègue, sans rien dire de ses motifs. Le suspect, qui n’a pas été nommé, a été transféré aux Émirats arabes unis, où le procureur général a ouvert une enquête pour déterminer si l’incident est lié à une activité ou à une intention terroriste. Aucune accusation n’a été rendue publique.

Le commandant indien, Smit Machchhar, pilote depuis 17 ans et commandant de bord depuis 11 ans, a livré son récit depuis son lit d’hôpital lors d’un appel avec le premier ministre indien Narendra Modi. Blessé, il s’est aperçu que l’avion chutait et a réussi à déverrouiller la porte du poste de pilotage. «J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir», a-t-il raconté. Des passagers ont alors maîtrisé l’assaillant; l’un d’eux, le plombier Yaniv Hayoun, dit avoir redressé l’avion grâce à des notions de pilotage apprises à la télévision.

Des lectures concurrentes

Sans attendre les résultats de l’enquête, Israël a dénoncé une tentative d’attentat terroriste djihadiste visant notamment les Émirats et les accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre les deux pays en 2020. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou affirme que le copilote, de nationalité omanaise, «avait subi un endoctrinement islamiste radical», sans exclure des problèmes psychiatriques.

À Abou Dhabi, le conseiller diplomatique du président émirati, Anwar Gargash, parle d’un «acte terroriste grave», mais appelle à la prudence face aux simplifications hâtives. La compagnie Flydubai, elle, demande de «s’abstenir de toute spéculation prématurée» et a suspendu ses vols vers Israël, bloquant des voyageurs israéliens à Dubaï.

Une région déjà sous tension

Le contexte explique la gravité des mots de Washington. Les États-Unis n’ont pas frappé l’Iran depuis le 1er septembre, mais aucune issue diplomatique n’est en vue plus de sept mois après le début de l’offensive israélo-américaine contre la République islamique, lancée le 28 février. Des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d’Ormuz.

Selon plusieurs médias, le Pentagone envoie un porte-avions et d’autres bâtiments, attendus fin novembre, soit de 9000 à 10 000 soldats supplémentaires, dont 2000 Marines. Deux porte-avions américains sont déjà sur place. Axios rapporte aussi l’envoi de deux batteries de missiles Patriot pour protéger des installations pétrolières et gazières en Arabie saoudite et au Qatar.

Dans une entrevue au magazine Time, M. Trump avait déjà jugé possible d’intensifier les attaques contre l’Iran après les élections de mi-mandat de novembre. L’incident du vol Flydubai pourrait lui fournir un motif. L’histoire de la région rappelle pourtant qu’un attentat attribué trop vite peut entraîner une escalade difficile à arrêter.

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