lundi 5 octobre 2026Édition du Québec
L’information sans complaisance.
En ce moment
Logement en Espagne : renouveler les baux de force et chasser les investisseurs ne bâtira aucun appartementPhénomena, 15e édition : Gaétan Paré prend la relève de D. Kimm avec 19 jours de cabarets et de découvertesVerstappen en tête à Sepang, Stroll 14e : les pneus piègent Mercedes au Grand Prix de Bahreïn délocaliséFracturé au Mondial, Ismaël Koné court de nouveau et vise un retour complet en décembre
International

Vol Flydubai : le passager qui a repris les commandes avait appris en regardant Mayday, série produite à Toronto

L’Israélien Yaniv Hayoun dit avoir su redresser l’avion grâce à la série documentaire canadienne. Le commandant de bord, poignardé par son copilote, a raconté vendredi comment il s’est battu pour sauver sa vie et celle des passagers.

2 min de lecture
Cabine d’un Boeing 737 MAX de Flydubai (photo de 2022). Photo : Kgbo / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

C’est une série produite à Toronto, diffusée depuis 2003 dans environ 175 pays, qui se retrouve au cœur du sauvetage d’un vol entre Dubaï et Tel-Aviv. Le passager israélien Yaniv Hayoun, l’un de ceux qui ont pénétré in extremis dans le poste de pilotage mercredi pour maîtriser le copilote, dit avoir su comment reprendre les commandes de l’appareil en chute libre parce qu’il avait regardé Mayday, a rapporté Radio-Canada.

Selon des informations de Reuters et de CNN reprises par le diffuseur public, M. Hayoun en a fait part au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Hors d’Amérique du Nord, la série documentaire, qui revient sur des catastrophes aériennes réelles, des accidents, des quasi-accidents, des détournements et des attentats, est connue sous le nom d’Air Crash Investigation.

La modestie du producteur

À Toronto, le producteur exécutif Alex Bystram s’est dit touché de voir la série associée à une histoire qui s’est bien terminée pour les 182 passagers et membres d’équipage. Il ne se fait toutefois aucune illusion : l’émission n’est pas à l’origine du sauvetage, a-t-il indiqué humblement. Le mérite revient selon lui au commandant de bord, dont la réaction a permis de déverrouiller la porte du poste de pilotage alors qu’il était attaqué par son collègue.

D’autres membres d’équipage présents à bord, des pilotes en formation selon un responsable régional, ont contribué à poser l’appareil en sécurité à Tabouk, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite.

« Je me battais pour ma vie »

Le commandant Smit Machchhar s’est exprimé vendredi pour la première fois, lors d’un appel vidéo télévisé avec le premier ministre indien, Narendra Modi. Originaire de Mumbai, il se remet de ses blessures dans un hôpital d’Abou Dhabi.

La tête bandée, une sonde dans le nez, il a fondu en larmes en se remémorant l’attaque. « J’avais tellement de blessures », a-t-il raconté. « Je me battais pour ma vie. » Il dit avoir compris que, s’il ne se relevait pas, les passagers seraient tués.

Malgré ses blessures, il a senti l’appareil piquer du nez. « Je pilote des avions depuis 17 ans et je suis commandant de bord depuis 11 ans », a-t-il expliqué, assurant pouvoir percevoir ce qui se passe dans l’appareil même les yeux fermés.

M. Machchhar travaille chez Flydubai depuis environ quatre ans, selon son profil LinkedIn. Il a auparavant passé 11 ans chez SpiceJet, un transporteur à bas coûts, où il a cumulé plus de 9750 heures de vol. Narendra Modi lui a dit que son courage, sa patience et sa présence d’esprit avaient sauvé de nombreuses vies.

Un mobile encore inconnu

Selon Benyamin Nétanyahou, le copilote, un ressortissant omanais, a été arrêté en Arabie saoudite, où il est interrogé. Le mobile de l’attaque restait inconnu vendredi.

Pour le Canada, l’histoire a un parfum de fierté discrète. Une production télévisuelle d’ici, souvent regardée comme un simple divertissement, a peut-être donné à un passager les quelques réflexes qui lui manquaient. Le producteur a raison de rendre le mérite à l’équipage, mais la leçon dépasse l’anecdote : une série documentaire bien faite peut aussi être une forme d’éducation populaire.

Infolettre gratuite

Le Briefing

L’essentiel de l’actualité québécoise, sans complaisance. Chaque matin à 6 h, lu en 5 minutes.

Désabonnement en un clic. Aucun partage de votre adresse.

À lire aussi