Tyson Philpot fracasse trois records et vise les 2036 verges d’Allen Pitts avec les Alouettes
Le receveur canadien des Alouettes a déjà 1735 verges après 15 matchs. À ce rythme, il terminerait la saison avec le plus haut total de l’histoire de la LCF.

Presque une passe complétée sur trois de Davis Alexander aboutit dans les mains du même homme. Le chiffre exact, selon La Presse : 30 % des passes réussies du quart-arrière des Alouettes ont été captées par Tyson Philpot. C’est un choix tactique assumé, et il a réécrit le livre des records, le week-end dernier.
Dans la victoire de 37-10 contre les Blue Bombers de Winnipeg, le receveur britanno-colombien de 26 ans a battu trois marques d’un coup.
Trois records, un seul match
Premier record : le plus grand nombre d’attrapés en une saison dans l’histoire des Alouettes. Il a dépassé la marque que partageaient Ben Cahoon et Jamel Richardson.
Deuxième record : le plus de verges en une saison pour un receveur canadien. La marque tenait depuis 1967. Philpot l’a battue à son 15e match.
Troisième record : le plus d’attrapés en une saison pour un receveur canadien.
Cahoon et Richardson sont venus le rejoindre sur le terrain après la rencontre pour une photo. Deux légendes, et entre elles, un joueur qui frappe à la porte.
Pourquoi tout passe par lui
La logique est simple à expliquer. Une attaque aérienne repose sur la complicité entre le quart-arrière et ses cibles. Quand un receveur gagne ses duels de façon constante, le quart le cherche en premier, et la défense doit lui consacrer plus de couverture, ce qui libère d’autres options.
Les chiffres le confirment. Philpot domine la ligue avec 1735 verges, soit 336 de plus que son coéquipier Tyler Snead, deuxième. Sa moyenne de 115,6 verges par match le met sur la trajectoire d’une saison de 2082 verges.
Ce serait le plus haut total de l’histoire de la Ligue canadienne de football (LCF). Le record appartient à Allen Pitts, avec 2036 verges en 1994 chez les Stampeders de Calgary. Seuls trois joueurs ont franchi le cap des 2000 verges.
Un corps enfin en santé
Le vrai facteur, c’est la santé. Neuvième choix au total du repêchage de 2022, Philpot a raté les sept premiers matchs en 2023, toute la seconde moitié de 2024 en raison d’une blessure à une jambe, puis six rencontres en 2025. Il n’avait jamais atteint les 1000 verges.
Alexander l’avait prédit dès le camp d’entraînement de mai. « Philpot est plus en santé que jamais. Il sera dangereux », avait-il averti, selon La Presse.
L’entraîneur-chef Jason Maas parle d’un « immense talent », mais retient surtout son ardeur au travail.
Les Alouettes avaient d’ailleurs misé sur lui. Le 2 décembre, le receveur, libre de signer ailleurs, a accepté un contrat de deux ans d’une valeur maximale de 560 000 $, le plus lucratif de l’histoire pour un receveur canadien à l’époque. Un pari payant, au vu de la production.
Ce qu’il faut corriger
Les Alouettes ont déjà assuré le premier rang de l’Est, avec trois matchs à jouer. Le vrai rendez-vous est la finale de l’Est, le 7 novembre.
Le souvenir de 2024 plane : l’équipe avait perdu la finale présentée à Montréal contre les Argonauts de Toronto en commettant cinq revirements. La différence cette année? Philpot l’a résumée d’une phrase : « Je ne jouais pas en 2024. »
L’ajustement à surveiller d’ici les séries : la capacité de l’attaque à varier ses cibles quand les défensives adverses doubleront la couverture sur son meilleur receveur.


