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Culture

Trop de séries québécoises? Pendant que les budgets fondent, l’offre déborde

Les artisans s’inquiètent de la baisse des budgets, mais les tablettes restent pleines. Résultat : de bonnes séries passent sous le radar, comme Bonne nuit Chuck sur Crave.

2 min de lecture
L’offre de séries québécoises reste abondante malgré la baisse des budgets. Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

Indéfendable, Antigang, STAT et son homme-loup : la télé québécoise a beau traverser une crise, ses séries quotidiennes tiennent la forme. Plus de 1,2 million d’accros les suivent du lundi au jeudi, 30 semaines par année, rapporte le chroniqueur télé de La Presse.

Le paradoxe est frappant. D’un côté, les artisans sonnent l’alarme depuis des mois : érosion des cotes d’écoute, baisse du volume de production, et concurrence des géants américains comme Netflix qui, selon le chroniqueur, grugent d’énormes parts de marché sans investir dans la culture d’ici. De l’autre, les téléspectateurs croulent sous une offre qu’ils n’auront jamais le temps de regarder.

Dumas, Les armes, Temps de chien, Sur le fil, Empathie, Pénélope partout, Plan B, Bellefleur, Bête noire… La liste de séries de fiction disponibles pourrait s’étirer sur un paragraphe entier, souligne-t-il. Et ça, sans compter les docuséries, téléréalités, talk-shows et autres jeux.

Moins, mais mieux?

Ce qui manque, selon le chroniqueur, ce n’est pas le choix, mais les séries d’exception à la Empathie, qui coûtent cher et demandent du temps de création, alors que les méthodes de fabrication s’accélèrent pour respecter des budgets serrés. Faut-il en faire moins, mais avec plus de soin? Le débat est complexe, reconnaît-il, puisque chaque diffuseur jongle avec des publics et des besoins différents.

La perle cachée : Bonne nuit Chuck

Conséquence directe de cette abondance : de bonnes séries glissent entre les craques du plancher. C’est le cas de Bonne nuit Chuck, mise en ligne il y a deux semaines sur Crave dans une relative indifférence.

La série reprend Charles « Chuck » Bélanger (Nicolas Pinson), ancien animateur vedette qui a tout perdu à cause de l’alcool et de la cocaïne. Après une cure fermée, il apprend qu’il est le père biologique d’un jeune rappeur de 20 ans, Zack (Tom-Éliot), accro au fentanyl, et déménage à Québec pour tenter de le sauver. Les huit épisodes sont écrits par Pierre-Marc Drouin (In Memoriam, Les armes) et réalisés par Mathieu Cyr, tournés en plein hiver à Québec.

Bonne nouvelle pour les retardataires : la série a été conçue pour se regarder sans avoir vu la première saison, Bon matin Chuck, sortie en 2023. Le chroniqueur de La Presse estime qu’elle « vaut le détour », avec un Chuck plus attachant et une Amélie B. Simard toujours excellente. Petit détail qui donne de la profondeur au tout : les deux saisons s’inspirent de la vraie vie de Nicolas Pinson, qui a fait trois cures de désintox.

À mettre sur votre liste, donc, quelque part entre deux épisodes d’Indéfendable.

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