Tramway de Québec : Marchand répond à Duhaime, 36 % des votes et un chantier déjà lancé
Le maire de Québec réplique pour la deuxième journée de suite au chef conservateur, qui réclame un moratoire tant que le coût final du réseau, évalué à 7,6 milliards de dollars, n’est pas connu.

« On va être à une journée de faire rouler le tramway, puis ils vont nous dire qu’on peut encore revenir en arrière. »
Le maire de Québec, Bruno Marchand, n’a pas digéré la sortie d’Éric Duhaime. Mercredi, il a répliqué pour la deuxième journée de suite.
Son message est simple. Le chef conservateur et sa « tribu » ne pourront pas arrêter le chantier. Le Parti conservateur « n’a pas ce pouvoir-là d’arriver et de nous faire reculer, c’est impossible », tranche-t-il.
À l’Assemblée nationale, la mathématique ne l’aide pas. Selon Le Devoir, les 19 députés conservateurs feront face à 108 autres élus, dont les partis ont tous réitéré leur appui au réseau structurant pendant la campagne. Le gouvernement péquiste, favorable au plan Cité de CDPQ Infra, pourrait de son côté compter sur Québec solidaire, calcule le maire.
Duhaime lit le scrutin autrement. Il attribue une partie de son succès dans la capitale à son opposition au tramway et à sa défense du troisième lien. Huit des onze circonscriptions de la Capitale-Nationale sont maintenant conservatrices, rapporte Le Devoir.
Marchand sort la calculatrice. Dans la Capitale-Nationale, dit-il, Duhaime et ses candidats ont obtenu 36 % des votes. Donc 64 % des électeurs ont choisi des partis favorables au tramway. Le maire juge la lecture du chef conservateur « absurde » et « ridicule ». Il rappelle aussi que son équipe, Québec forte et fière, a fait élire des conseillers dans 18 districts sur 21 il y a presque un an, alors que les conservateurs ont remporté six circonscriptions sur neuf sur le territoire de Québec.
La relation entre les deux hommes? Le maire la décrit déjà dans « un état piteux ».
Le coût, la question qui fâche
Duhaime, lui, ramène tout à la facture. Les dernières évaluations placent le réseau à 7,6 milliards de dollars. Le chef conservateur réclame un moratoire, le temps de connaître le coût final. « Est-ce qu’on peut avoir la prudence d’attendre de le savoir avant de continuer à injecter des milliards? » a-t-il demandé.
Il affirme aussi que le maire a déjà fixé une limite. « J’ai déjà entendu Bruno Marchand dire que si les coûts dépassent 10 milliards, lui-même est contre », a-t-il soutenu en conférence de presse.
Marchand ne confirme pas. « Il faudrait que je me réécoute », a-t-il répondu, avant de nuancer : « J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas faire ce projet à n’importe quel prix. » Mais fixer un plafond? Jamais, dit-il : « je n’ai jamais mis de limite ».
Un chantier déjà bien entamé
Sur le terrain, les excavatrices creusent. Le long des 19,3 km du tracé, elles doublent les réseaux souterrains et préparent les ponts d’étagement. Les travaux de la trémie du tunnel entre la Haute-Ville et la Basse-Ville doivent commencer dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.
Le gouvernement doit encore recevoir le plan d’affaires de CDPQ Infra et des consortiums choisis, puis signer une entente de réalisation, attendue au plus tard en juillet prochain. La livraison est prévue en 2033.
Le Parti conservateur compte donc se faire entendre, et le maire compte lui répondre chaque fois. Il y a un mois, le chef de Respect Citoyens, seul parti d’opposition à Marchand à l’hôtel de ville, disait qu’un vote conservateur était un vote pour arrêter le tramway. Le scrutin est passé. Le débat, lui, continue.
Marchand, de son côté, redoute surtout le jour où le tramway sera presque prêt à rouler. C’est là, craint-il, qu’on viendra lui dire qu’on peut encore « revenir en arrière ».


