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Économie

Tournages américains : un crédit d’impôt de Washington menace une manne de 1,7 milliard $ pour le Québec

Des élus républicains et démocrates veulent attirer les tournages hollywoodiens aux États-Unis. Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec ne prévoit pas de catastrophe, mais Montréal devra se battre.

2 min de lecture
La Cité du cinéma de Mel’s, à Montréal, qui accueille des productions étrangères. Photo de 2014. Photo : Laurent Bélanger / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

C’est une industrie de 3 milliards $ au Québec, et près de la moitié de cette somme vient de l’étranger. Les productions étrangères et les services de production ont rapporté 1,7 milliard $ à l’industrie québécoise au cours de l’exercice 2024-2025, terminé le 31 mars, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec citées par Le Devoir et Radio-Canada.

Cette manne pourrait être menacée. Des élus républicains et démocrates veulent créer un crédit d’impôt pour inciter les productions hollywoodiennes à tourner davantage aux États-Unis. Un crédit d’impôt, c’est une réduction de l’impôt à payer, accordée ici aux studios qui tournent sur le sol américain.

Le chiffre qui inquiète

Selon un rapport récent commandé par la Motion Picture Association, le lobby des grands studios hollywoodiens, un tel crédit pourrait faire passer la part des films américains tournés aux États-Unis de 34 % en 2025 à 65 % d’ici 2030.

Si la mesure voit le jour, ce qui n’est pas garanti, Montréal devra lutter encore plus fort pour séduire les grands producteurs américains, prévient Le Devoir. L’annonce s’ajoute aux autres frictions commerciales avec Washington, qui touchent déjà plusieurs industries québécoises.

Pas un scénario catastrophe, selon le BCTQ

Le président-directeur général du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), Stéphane Cardin, se montre rassurant. Selon lui, l’industrie américaine n’a tout simplement pas la capacité d’accueillir tous les tournages.

M. Cardin nuance aussi le rapport de l’industrie hollywoodienne : son scénario suppose que les autres territoires resteraient les bras croisés. Il souligne enfin que Montréal profite de sa proximité géographique avec les États-Unis, un avantage si les tournages à l’étranger devaient diminuer.

Des emplois en jeu

Pour l’Alliance québécoise des techniciennes et techniciens de l’image et du son (AQTIS), les productions hollywoodiennes ne sont pas qu’une affaire d’argent étranger. Dans un mémoire récent envoyé au ministère des Finances du Québec, le syndicat soutient qu’elles aident à maintenir des emplois et une expertise québécoise, ce qui profite indirectement à la culture d’ici.

À surveiller

La suite dépend de Washington : tant que le crédit n’est pas adopté, il reste un projet. Mais si les États-Unis se lancent dans une surenchère fiscale, la concurrence pour attirer les grands studios deviendra plus coûteuse pour tous ceux qui veulent les accueillir.

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