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Finances personnelles

Testament modifié, nouvelle banque, factures en retard : les signes de la maltraitance financière envers les aînés

La maltraitance financière est la forme de maltraitance la plus répandue chez les aînés, rappelle l’Ordre des CPA du Québec. Elle vient le plus souvent d’un proche, ce qui la rend difficile à voir.

2 min de lecture

Votre père a changé de banque sans vous en parler. Votre tante peine soudain à payer ses factures, elle qui n’a jamais eu un retard. Un cousin s’occupe tout à coup de ses papiers. Pris un à un, ces détails semblent anodins. Mis ensemble, ils peuvent être les premiers signes d’une maltraitance financière.

C’est le message que l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec veut faire passer à l’occasion de la Journée nationale des aînés, a rapporté Le Devoir.

Un problème plus courant que vous ne le pensez

« Les divers rapports annuels du ministère de la Santé et des Services sociaux font état du fait que la maltraitance financière est la maltraitance qui est la plus prépondérante chez les aînés », explique au quotidien Geneviève Mottard, présidente et cheffe de la direction de l’Ordre.

Les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) donnent une idée de l’ampleur. Dans son enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées, réalisée en 2025, l’ISQ a constaté que 1 % des personnes de 65 ans et plus vivant à domicile avaient subi de la maltraitance matérielle ou financière au cours de l’année précédente. Cela pourrait représenter près de 17 000 personnes au Québec.

De quoi parle-t-on, exactement? Selon la définition de l’ISQ, il s’agit de l’obtention ou de l’utilisation frauduleuse, illégale, non autorisée ou malhonnête des biens ou des documents légaux d’une personne. Cela comprend aussi le fait de la priver d’information financière ou légale, ou de lui en donner de fausses.

Pourquoi c’est si difficile à voir

La difficulté tient à l’identité de l’agresseur. « La très grande majorité du temps, cette maltraitance-là peut être perpétrée par un proche de la famille », souligne Mme Mottard. « Des fois, c’est difficile de croire que nos proches peuvent avoir de mauvaises intentions. »

La présidente de l’Ordre des CPA invite donc l’entourage à rester attentif à certains changements d’habitudes. Voici ceux qu’elle cite :

  • des « changements inattendus dans certains documents financiers ou légaux », par exemple un testament modifié sans avertissement;
  • un changement d’institution financière qui sort de l’ordinaire;
  • une difficulté soudaine à payer les factures;
  • une tierce personne, parfois un membre de la famille, qui s’implique tout à coup dans les dossiers légaux de l’aîné.

« Ce sont des changements d’habitudes comme ça qui sont habituellement les premiers signes », résume la comptable professionnelle agréée.

Que faire?

Vous pensez être victime, ou vous croyez qu’un proche l’est? Mme Mottard recommande de contacter la Ligne aide maltraitance adultes aînés. Le service est gratuit et anonyme. Il est offert par téléphone, au 1 888 489-2287, et en ligne. Il oriente les gens vers les ressources appropriées.

La ligne s’adresse aussi aux témoins. Vous n’avez pas besoin d’être certain de ce que vous voyez pour appeler : le service est justement là pour aider à y voir clair.

Intervenir reste délicat, surtout quand la personne soupçonnée fait partie de la famille. Mme Mottard le reconnaît : « On est dans l’humain, puis ça peut être très délicat comme situation. » Raison de plus pour ne pas porter ce poids seul et pour vous faire accompagner par des gens dont c’est le métier.

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