Test de français des futurs profs : trois ans après le mandat de révision, le nouveau TECFÉE se fait toujours attendre
Québec a confié en 2023 la révision du TECFÉE à un groupe de travail. Les essais se poursuivent, mais le futur test n’aura pas de logiciel de correction, au grand dam d’une experte du comité.

Pour obtenir leur brevet d’enseignement, les futurs profs doivent obtenir la note de passage au TECFÉE, un test de français écrit propre à l’enseignement. Cet examen existe depuis plus de 15 ans, et les étudiants espèrent sa refonte depuis un moment. Elle tarde pourtant à arriver, rapporte Radio-Canada.
Pourquoi on veut le changer
En juin 2023, Québec a chargé un groupe de travail de réviser le test. Ce dernier a été beaucoup critiqué, entre autres par des étudiants qui y voient un exercice de mémorisation inutile. Des acteurs du milieu universitaire ont aussi contesté sa deuxième partie, qui porte sur des expressions et du vocabulaire. Le taux de réussite baisse depuis quelques années.
Une première expérimentation de la nouvelle version a eu lieu en novembre, puis une autre ce printemps dans quatre universités. Une partie du test doit être améliorée et retourner en essai cet automne. Le ministère de l’Éducation indique, dans une réponse écrite, que les travaux de validation se poursuivent.
Ce que les étudiants en attendent
Maude Bouchard, qui étudie à l’Université Laval pour enseigner les mathématiques au secondaire et entame sa quatrième année, a dû passer l’examen actuel six fois avant de le réussir. Elle a participé à l’essai du nouveau test ce printemps. La version qu’elle a faite, avec une production écrite et une correction de texte, lui a semblé plus facile, puisqu’elle s’attardait moins aux exceptions de la langue.
Les universités, elles, comptent sur un niveau d’exigence semblable. « L’objectif n’est pas du tout d’avoir un test moins difficile », affirme Anabelle Viau-Guay, qui préside l’ADÉREQ, l’association des doyens et directeurs en éducation, et dirige aussi la faculté d’éducation de l’Université Laval. Le nouvel examen sera toutefois plus contextualisé : il faudra expliquer pourquoi un passage est fautif, et pas seulement le repérer.
Un point de friction : le logiciel de correction
Le nouveau test se fera à l’écran, mais Québec ne permettra pas d’utiliser un logiciel de correction, contrairement à ce que recommandait le comité d’experts. Cette décision déçoit Priscilla Boyer, qui enseigne à l’UQTR (Trois-Rivières) et a siégé au groupe de travail. « Pourquoi ne pas permettre l’utilisation des outils numériques comme on le fait dans la vie de tous les jours? » demande-t-elle, elle qui étudie l’enseignement de l’orthographe et de la grammaire. Le comité avait proposé qu’un logiciel soit accompagné d’un seuil de réussite plus élevé, pour garder un niveau d’exigence comparable.
Mme Boyer comprend l’importance de la validation, mais presse Québec d’aller vite. Selon elle, l’examen actuel ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui et peut même nuire à des étudiants selon leur région d’origine, car certaines expressions sont moins répandues à certains endroits. « C’est dommage parce que les années passent et on n’a toujours pas la nouvelle épreuve », dit-elle.
Et maintenant?
Les sources consultées ne fournissent aucune date de mise en place. La prochaine étape connue est le retour en essai de la section à corriger, prévu cet automne.


