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Économie

Terres agricoles : la hausse ralentit à 3,8 % au Canada, mais le Québec grimpe de 6,2 %

Financement agricole Canada note un marché plus prudent et plus régional, entre coûts de production en hausse, marges serrées et incertitude commerciale.

2 min de lecture
Vue aérienne de terres agricoles cultivées. Photo d’illustration. Photo : DESPOINA APOSTOLIDOU / Pexels

Combien vaut un hectare de terre cultivée quand les marges des agriculteurs se resserrent? Selon l’examen semestriel de Financement agricole Canada (FAC), la valeur moyenne des terres agricoles cultivées au pays a augmenté de 3,8 % au premier semestre de 2026. C’est une hausse, mais nettement moins rapide que celle de 6,0 % observée à la même période en 2025.

Un rythme qui ralentit

Le ralentissement se lit aussi sur douze mois. Entre juillet 2025 et juin 2026, les terres se sont appréciées de 7,0 %, contre 9,3 % pour l’année civile 2025 (de janvier à décembre). La valeur monte encore, mais moins vite.

FAC est une société d’État à vocation commerciale et le principal prêteur à l’agriculture au Canada. Son économiste en chef, Craig Johnston, parle d’un marché qui devient « prudent et sélectif ». Il en donne les raisons : « La hausse des coûts de production, le resserrement des marges et l’incertitude entourant le commerce, les droits de douane et les marchés internationaux contribuent à rendre le marché plus prudent et sélectif. »

En clair, l’exploitant qui paie plus cher ses intrants (ce qu’il achète pour produire, comme le carburant) tout en gardant une marge plus mince réfléchit à deux fois avant d’acheter de la terre.

Le Québec parmi les plus forts

Les écarts entre provinces sont considérables. L’Île-du-Prince-Édouard a enregistré la plus forte hausse au premier semestre, à 11,9 %, suivie du Québec à 6,2 %. L’Alberta et le Manitoba ont progressé de 5,3 % chacun, puis la Nouvelle-Écosse de 3,6 %. La Saskatchewan affiche 2,6 %, l’Ontario 2,4 % et le Nouveau-Brunswick 2,1 %. La Colombie-Britannique est la seule province en recul, à 1,9 % de moins.

Pour FAC, ces chiffres confirment que les tendances sont « davantage régionales, sélectives et liées à la situation économique de chaque exploitation agricole ». Les conditions locales comptent donc de plus en plus.

Le rapport compare aussi la période actuelle au dernier cycle haussier, amorcé en 2020. La hausse n’a pas culminé au même moment partout. Selon FAC, la dynamique de croissance s’est déplacée des provinces qui avaient mené la hausse postpandémique vers les Prairies, particulièrement l’Alberta, tandis que l’Ontario et la Colombie-Britannique ont connu la normalisation la plus marquée.

La récolte, prochain juge

La croissance dans les Prairies a précédé une saison de récolte difficile, marquée par des conditions météorologiques défavorables et une hausse des prix du diesel, a ajouté M. Johnston. Son verdict : « La qualité finale des cultures et les rendements façonneront le marché des terres cet automne et au cours de l’année prochaine. »

Les données de FAC ne disent pas ce qui pèse le plus sur les marges, ni quelle part revient aux taxes et aux frais réglementaires. Elles rappellent seulement que la terre, premier actif de la ferme, se paie de plus en plus au prix d’un risque partagé : intempéries, carburant, tarifs douaniers.

L’évaluation complète de l’année paraîtra dans le rapport du printemps de FAC. D’ici là, une question reste ouverte pour les exploitations agricoles et pour la relève qui veut s’y installer : quand le coût de la terre grimpe plus vite que la marge pour la rentabiliser, qui absorbe la différence?

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