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Subventions, impôt des PME, paperasse : ce que les partis réservent aux entrepreneurs

Le PCQ couperait les subventions et réduirait de 59 % l’impôt des entreprises. Le PQ abolirait le Fonds du développement économique pour baisser de 20 % l’impôt des PME. La CAQ, elle, défend ses prêts aux entreprises frappées par les tarifs.

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Le centre-ville de Saint-Georges, en Beauce, région réputée pour ses PME. Photo : Marc-Lautenbacher / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Deux ans et demi. C’est le temps qu’une microbrasserie a dû attendre, après avoir acheté son terrain, pour obtenir le permis de construire son nouveau centre de brassage, a raconté Éric Duhaime au magazine Protégez-Vous. Pendant ce temps, elle a dû assumer toutes les dépenses. « Tous les promoteurs peuvent en parler : au Québec, c’est compliqué de construire », dit le chef conservateur.

L’anecdote résume un débat qui traverse la campagne : pour aider les entreprises, faut-il les subventionner davantage, ou leur alléger la vie?

Moins de subventions, moins d’impôt

Le Parti conservateur (PCQ) choisit clairement la deuxième voie. Ses compressions de 47 milliards en cinq ans viseraient « principalement l’élimination des subventions aux entreprises », en plus de 20 000 postes de fonctionnaires. En échange, il réduirait de 59 % l’impôt des entreprises.

Il promet aussi d’éliminer 30 % de la réglementation en un premier mandat. Le Québec compte 146 000 exigences réglementaires, contre 60 000 en Alberta, selon Éric Duhaime. Il ferait tomber les barrières au commerce entre provinces et défend le libre-échange avec les États-Unis. « Nous sommes les descendants de Brian Mulroney, donc, pour nous, le libre-échange est très important », dit-il.

Le Parti québécois (PQ) offrirait une baisse d’impôt de 20 % aux petites et moyennes entreprises (PME). Il la financerait en abolissant le Fonds du développement économique, l’enveloppe dont le gouvernement se sert pour soutenir des entreprises. Face aux tarifs américains, il préfère des contre-tarifs mieux ciblés que l’approche « dollar pour dollar » d’Ottawa, et réclame que Québec reçoive sa juste part des revenus qu’ils génèrent pour aider les travailleurs et les entreprises touchés.

La CAQ défend ses prêts

La CAQ défend au contraire l’intervention de l’État. Son ministre des Finances, Eric Girard, cite le programme FORCE, qui offre des prêts sans remboursement de capital ni d’intérêts la première année aux entreprises touchées par la guerre commerciale. Ce programme est financé par le Fonds du développement économique que le PQ et le PCQ veulent abolir. « La meilleure protection contre la hausse du coût de la vie, c’est un bon emploi », plaide-t-il.

Le Parti libéral (PLQ) se situe entre les deux. Il promet de diminuer l’interventionnisme de l’État en matière économique et de recentrer certains crédits d’impôt aux entreprises, tout en offrant de l’aide directe à celles qui subissent de plein fouet les tarifs. Il propose aussi d’ouvrir le jeu en ligne à des opérateurs privés accrédités et surveillés, ce qui rapporterait jusqu’à 300 millions par année, selon le parti. La CAQ, elle, protégerait le monopole de Loto-Québec.

Québec solidaire (QS) hausserait l’impôt sur les profits des grandes sociétés et la part imposable de leurs gains en capital. Il utiliserait les contrats publics pour favoriser les entreprises québécoises, et plafonnerait à 2 % les marges de profit des grandes épiceries.

Les défis des PME

Pour les propriétaires de PME, les questions restent concrètes : la paperasse, les délais de permis, la main-d’œuvre et l’accès au marché américain. Sur ce dernier point, aucun parti québécois n’a la main : c’est Ottawa qui négocie avec Washington.

Lundi, les entrepreneurs auront le choix entre un État qui aide davantage, et un État qui s’efface pour les laisser travailler.

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