Stress financier : près de la moitié des travailleurs canadiens touchés, les Québécois mieux armés mais plus pessimistes
Selon l’Institut national de la paie, un Canadien sur deux dépense tout son salaire, ou plus. Les Québécois s’en tirent mieux, mais épargnent moins et voient l’avenir en gris.

Vous avez l’impression que votre paie fond plus vite qu’avant? Vous n’êtes pas seul. La situation financière des travailleurs s’est dégradée au cours de la dernière année, selon le sondage annuel de l’Institut national de la paie, a rapporté La Presse. Désormais, la moitié des Canadiens et 43 % des travailleurs québécois disent dépenser la totalité de leur salaire net, ou plus. Le salaire net, c’est ce qui reste sur votre chèque une fois les impôts et les cotisations retenus.
Les chiffres clés
- Travailleurs canadiens en situation de stress financier : 44 % (36 % en 2025)
- Canadiens qui vivent d’une paie à l’autre : 28 %, un sommet en cinq ans (22 % au Québec)
- Québécois inquiets de leur endettement : 26 %, contre 46 % des Canadiens
- Canadiens qui ont plus de dettes qu’avant : 37 % (30 % au Québec)
- Québécois qui mettent de l’argent de côté : 38 %, sous la moyenne canadienne
- Perte de productivité liée au stress financier : 74,3 milliards cette année, contre 26,9 milliards en 2021
Une rechute après une embellie
Le recul est d’autant plus frappant que 2025 avait apporté une éclaircie : la proportion de travailleurs en stress financier était alors passée de 41 % à 36 %, une première amélioration en plusieurs années. Cette année, elle bondit à 44 %. Ce groupe représente « plus du double » de celui des personnes financièrement à l’aise, souligne l’Institut. En 2021, pourtant, 46 % de la population était considérée comme financièrement à l’aise.
Vivre d’une paie à l’autre signifie ici qu’on aurait du mal à respecter ses obligations, comme le loyer ou les paiements de carte de crédit, si sa paie arrivait avec une semaine de retard seulement. C’est le cas de 28 % des Canadiens, contre 26 % l’an dernier.
Concrètement, pour vous
Le sondage dessine deux portraits. Le travailleur québécois type s’inquiète moins de ses dettes : un Québécois sur cinq se dit submergé par celles-ci, contre trois Canadiens sur dix. Mais il épargne moins, et son endettement augmente lui aussi.
Partout, l’épargne recule. La proportion de Canadiens qui tentent d’épargner davantage est passée de 51 % à 43 %. Et c’est l’épicerie et les dépenses courantes qui pèsent le plus : elles sont la principale source de stress pour 55 % des Canadiens et 39 % des Québécois.
Le stress financier n’est pas qu’une affaire de chiffres. Il est associé à de l’anxiété ou à de la dépression chez 45 % des Canadiens et 30 % des Québécois, à des troubles du sommeil chez 38 % et 28 % d’entre eux, et à des difficultés de concentration. Plus de la moitié (53 %) des travailleurs en stress financier disent aussi perdre en rendement au travail.
Les pièges à éviter
Le premier piège est la spirale de l’endettement : selon le sondage, les dettes nuisent à la capacité d’épargne d’environ une personne sur quatre. Moins d’épargne signifie moins de coussin, donc plus de recours au crédit au moindre imprévu.
Le second est l’absence de marge de manœuvre. Pour faire face à une baisse de revenus, l’Institut de planification financière recommande une épargne d’urgence équivalant à au moins six mois de revenus, rappelait récemment La Presse. Un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou un compte non enregistré permettent d’accéder rapidement à cet argent.
Les étapes
- Calculez ce qui reste réellement de votre salaire net une fois les dépenses fixes payées.
- Repérez la part de l’épicerie et des dépenses courantes : c’est le principal poste de stress.
- Fixez un premier objectif d’épargne d’urgence, même modeste, avant de viser six mois.
- Si vos dettes augmentent d’année en année, faites le point avec un professionnel.
Un Québec plus inquiet de l’avenir
Paradoxe : même s’ils s’en sortent mieux, les Québécois sont les plus pessimistes. Seuls 22 % se disent optimistes face à l’avenir, contre 26 % dans le reste du pays. Les craintes d’une récession touchent 44 % des Québécois, et celles liées aux droits de douane, 43 %. La majorité, 66 % au Québec, se dit simplement dans l’incertitude.
Le sondage a été réalisé en ligne du 22 au 30 juin 2026 auprès de 2196 travailleurs canadiens, dont 451 Québécois. Comme il s’appuie sur un panel Web non probabiliste, sa marge d’erreur ne peut pas être établie de façon définitive.
Un geste simple à faire cette semaine : comparer votre salaire net à vos dépenses du dernier mois. Pour une démarche adaptée à votre situation, un planificateur financier peut vous aider.


