Ski : la FIS ferme un bureau et coupe les bourses pour éviter un trou de 34,2 millions par année
À la veille de la saison de Coupe du monde, la Fédération internationale de ski et de snowboard présente un plan de sauvetage après le mandat dépensier de Johan Eliasch. Les athlètes sentiront la différence dans leurs bourses.

Marco Odermatt et Mikaela Shiffrin ont dominé l’hiver dernier, sur les pistes comme au chapitre des gains. Le Suisse a empoché 741 000 euros (1 186 000 $) en bourses versées par les organisateurs de courses, l’Américaine 615 000 euros (985 100 $). Ces sommes, toutefois, avaient été gonflées par des subventions que la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) n’a plus les moyens de payer.
La FIS a présenté cette semaine à Genève un plan de sauvetage pour éviter des pertes annuelles prévues de 20 millions de francs suisses, soit environ 34,2 millions de dollars canadiens, rapporte Radio-Canada, qui cite l’Associated Press.
«Grave, mais pas désespérée»
Le ton est donné par le secrétaire général par intérim, Urs Lehmann, champion du monde suisse de descente en 1993. «Nous sommes dans une situation grave, mais pas désespérée», a-t-il déclaré en marge de la réunion d’une semaine. Selon lui, la famille de la FIS méritait de connaître clairement sa situation.
Les premières mesures sont concrètes. Le bureau de Munich, en Allemagne, a été fermé. Les subventions aux bourses de course, instaurées pendant la pandémie de COVID-19, ont été réduites.
La fédération supervise six disciplines : ski alpin, ski de fond, ski acrobatique, surf des neiges, saut à ski et combiné nordique. Toutes sentiront le resserrement.
Le prix d’un mandat dépensier
Ce plan arrive à la veille de la première saison du nouveau président, Alexander Ospelt, originaire du Liechtenstein, élu en juin par une seule voix d’avance. Les inquiétudes au sujet des dépenses engagées pendant les cinq ans de mandat de Johan Eliasch, patron milliardaire de la marque Head, semblent avoir joué un rôle décisif dans ce scrutin.
M. Lehmann ne cache pas la difficulté de l’exercice. «Ajouter quelque chose, c’est facile», a-t-il résumé. «Le retirer est extrêmement difficile, et personne ne l’a fait au cours des trois dernières années.»
Une leçon qui dépasse largement le monde du ski : une dépense temporaire devient vite permanente, et la retirer coûte cher en capital politique.
Plus de courses pour les athlètes
Pour les skieurs, l’enjeu est simple : sans subventions, la bourse dépend du nombre de courses. L’hiver dernier, Odermatt et Shiffrin ont été les seuls skieurs alpins à dépasser 400 000 euros (640 700 $) de gains sur une saison de cinq mois.
La solution de la FIS mise donc sur l’offre. «Il n’y a qu’une seule solution : ajouter des compétitions», a expliqué M. Lehmann, convaincu que le calendrier a encore de la marge et que plus de sites veulent accueillir la Coupe du monde qu’il n’y a de places. Des championnats du monde supplémentaires pourraient aussi s’ajouter durant l’année creuse du cycle olympique.
Une reprise lente
Le redressement ne sera pas immédiat. Les contrats de télédiffusion, c’est-à-dire les droits payés par les chaînes pour présenter les courses, sont pour l’essentiel conclus jusqu’en 2030. Selon M. Lehmann, les effets d’une valeur accrue ne se feront sentir que dans près de quatre ans.
La FIS a un plan, mais, a-t-il prévenu, «celui-ci ne fonctionnera que si la famille de la FIS fait véritablement front commun».
Premier test : la saison de Coupe du monde qui s’ouvre cet automne, où les athlètes, y compris ceux d’ici, devront courir pour des bourses moins généreuses.


