Séisme au Panama : deux Québécois rentrent à leurs frais et disent avoir reçu « très peu de soutien » d’Ottawa
Coincés plus de 11 heures à l’aéroport de Río Hato après un séisme de magnitude 7,7, Maude Chayer et Mathieu Toma-Defuant ont fini par acheter eux-mêmes des billets pour rentrer. L’ambassade, leur a-t-on dit, rouvrirait mardi.

Que doit l’État à un citoyen pris dans une catastrophe naturelle à l’étranger? La question se pose avec acuité pour Maude Chayer et Mathieu Toma-Defuant, un couple de Québécois qui séjournait dans un complexe hôtelier Riu, au Panama, lorsque la terre a tremblé.
« À 12 h 56, nous avons vécu un séisme d’une magnitude de 7,7 », ont-ils raconté au quotidien Le Soleil, alors qu’ils étaient sur le chemin du retour. Le gouvernement du Canada range un tremblement de terre de cette force parmi les séismes « majeurs », capables de causer de sérieux dégâts.
La fuite hors de l’hôtel
Le récit des deux voyageurs commence dans la panique. « Les fenêtres vibraient, la vaisselle se brisait et des morceaux de plafond commençaient à tomber », se souviennent-ils. Une file de gens bloquant une allée, Mathieu Toma-Defuant a piétiné des rosiers pour ouvrir un passage vers l’extérieur. Il en est ressorti les jambes en sang, écorchées par les épines.
Le personnel dirigeait les clients vers la plage, à l’écart des débris. Maude Chayer hésitait, par crainte d’un tsunami, et cherchait une amie qui se trouvait dans une salle de bain au moment des secousses. Celle-ci a fini par retrouver le couple et sept autres Québécois hors du complexe.
Onze heures d’attente
L’hôtel a ensuite dépêché des autobus vers Río Hato, dont l’aéroport se trouve à environ dix minutes. Le soulagement a été de courte durée. « Notre vol a été annulé et l’aéroport était barré, fermé. On devait attendre dehors avec très peu d’eau et presque rien à manger », affirment les deux voyageurs.
Le vendredi soir, ils ont appelé l’ambassade du Canada. « La dame au téléphone nous a indiqué que l’ambassade serait fermée pour la fin de semaine ainsi que le lundi, en raison du jour férié, et que les services reprendraient le mardi », rapporte Mathieu Toma-Defuant.
Après plus de 11 heures d’attente, le voyagiste WestJet-Sunwing leur a offert deux possibilités : retourner à l’hôtel endommagé ou dormir par terre devant l’aérogare, en vue d’un départ le lendemain. « Dire qu’ils voulaient qu’on retourne dans cet hôtel, ça me fait capoter », lance Mathieu Toma-Defuant.
Se débrouiller seuls
Le couple a choisi une troisième voie, à ses propres frais : des billets d’avion achetés à l’aéroport de Panama City vers New York, puis un vol vers Montréal avant de regagner Québec.
Leur verdict est sévère. « Nous avons reçu un accueil merveilleux de la part des Panaméens. Leur gentillesse et leur humanité nous ont profondément touchés. Cependant, nous avons reçu très peu de soutien de la part de notre propre pays dans cette situation », disent-ils. Ils réclament le rapatriement rapide des Québécois et des Canadiens restés sur place.
Un service public jugé à ses résultats
Le récit ne comprend aucune réponse d’Affaires mondiales Canada ni de WestJet-Sunwing, et il ne représente que l’expérience d’un couple. Il soulève tout de même une question simple : les Canadiens financent un réseau d’ambassades et de services consulaires précisément pour les moments où tout bascule. Un service d’urgence qui renvoie au mardi suivant un appel logé pendant une catastrophe peut difficilement être jugé efficace, quelle que soit la raison invoquée.
Le couple, lui, retient surtout la solidarité entre inconnus. « Nous voulions simplement être considérés, informés et accompagnés, comme n’importe quel citoyen canadien confronté à une situation d’urgence à l’étranger », résume Mathieu Toma-Defuant. Reste à savoir si Ottawa jugera utile de dire comment ses équipes consulaires répondaient, cette fin de semaine-là, aux Canadiens bloqués au Panama.


