Samuel Piette honoré au stade Saputo : « Si c’est la fin, ce sera la fin », dit le milieu québécois
Le Canada soulignera samedi, contre le Pérou, la carrière internationale du Gardeurois de 31 ans, sélectionné 69 fois depuis 2012. Lui ne veut surtout pas parler d’adieu.

Soixante-neuf sélections, 4105 minutes sous le maillot canadien et un hommage qu’il n’avait pas vu venir. Samuel Piette sera célébré samedi après-midi au stade Saputo, lors du match amical entre le Canada et le Pérou.
« Je ne suis pas quelqu’un qui recherche ça », a confié le milieu de terrain québécois à La Presse, jeudi, après l’entraînement de l’équipe nationale au Centre Nutrilait. « Je trouve que c’est vraiment classe, de la part de Jesse et son personnel, d’avoir pensé à moi. »
Le Gardeurois de naissance, aujourd’hui âgé de 31 ans, n’avait plus été appelé en sélection depuis la fin de la Copa América, en juillet 2024. Il a représenté le Canada pour la première fois en 2012.
Pas un match d’adieu
Piette a tenu à une chose : que la rencontre ne soit pas présentée comme un adieu, comme celui offert la semaine dernière à Junior Hoilett, à Toronto, pour marquer sa retraite. Le sélectionneur Jesse Marsch a respecté ce souhait.
« Plus que tout, il a gagné le droit d’être reconnu pour les services qu’il a rendus à l’équipe nationale, et pour que sa famille et ses amis puissent apprécier tout ce qu’il a représenté pour l’équipe nationale canadienne », a expliqué Marsch mardi.
Car Piette n’a pas l’intention d’accrocher ses crampons, ni en club ni en sélection. Il reste toutefois lucide. « Quand tu ne fais pas partie de l’équipe depuis deux ans, ce n’est pas parce qu’il y a un match ici à Montréal que du jour au lendemain, tu retrouves l’équipe », reconnaît-il.
Cela ne l’empêche pas de s’entraîner à fond depuis mardi. Marsch raconte lui avoir rappelé de ne pas oublier son pressing et son contre-pressing, soit la pression immédiate sur le porteur du ballon et la réaction rapide après une perte de balle, deux principes chers au technicien. La réplique de Piette : « Tu peux me crier après si je ne les fais pas ! »
Un bâtisseur, disent ses coéquipiers
Dans le vestiaire, les éloges fusent. Stephen Eustáquio, dont le frère Mauro a côtoyé Piette en sélection avant lui, se souvient d’un des meilleurs talents du pays à l’époque. « Il a ouvert la voie pour nous, les milieux. Son expérience et son talent nous ont beaucoup aidés. Il mérite toute la reconnaissance possible, surtout dans sa ville », dit-il.
Jonathan David a « toujours » vu en lui un leader, et apprécie un milieu qui aime la possession et le jeu vers l’avant. Niko Sigur, arrivé après la Copa América, le décrit comme « l’un des principaux bâtisseurs » du programme canadien.
Piette a connu la traversée du désert, puis la qualification inespérée pour la Coupe du monde de 2022. Il garde en tête une défaite de 4-1 contre Haïti à la Gold Cup de 2021, mais surtout une victoire contre le Panamá à Toronto, la même année. Avec le gardien James Pantemis, il avait alors compris que le Mondial était à portée de main.
Des derniers mois difficiles en club
L’hommage survient après quelques remous au CF Montréal. La semaine dernière, en entrevue à RDS, Piette a parlé d’un « sentiment d’injustice » vécu quand son temps de jeu a été réduit. Il assure n’avoir voulu manquer de respect à personne.
« Ce n’est pas Sam contre Phil », précise-t-il au sujet de Philippe Eullaffroy, avec qui il dit avoir une très bonne relation. « Moi, je veux jouer, je veux être sur le terrain. »
Samedi, 14 h
Le Canada arrive en confiance : Jonathan David a inscrit l’unique but du match contre le Chili, samedi dernier à Toronto. Le Pérou, qui a fait match nul 1-1 contre le Mexique, s’annonce combatif, prévient Sigur. Le coup d’envoi sera donné à 14 h, sur les ondes de RDS.
Le fils de Piette, 6 ans, pourra fouler la pelouse avec son père. « Il est super excité, il pense qu’il va jouer ! »
Le dernier mot revient au principal intéressé : « Si c’est la fin, ce sera la fin. Et je suis bien en paix avec ça. »


