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Société

Saint-Lambert : une famille colombienne doit partir en pleine année scolaire

Une règle fédérale bloque les permis de travail pour les emplois à bas salaire quand le chômage local dépasse 6 %. À Montréal, il était de 6,6 %. Une éducatrice et son fils de 11 ans doivent partir vendredi.

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La famille reprendra ses démarches d’immigration depuis la Colombie. Photo : Lorna Pauli / Pexels

L’année scolaire venait à peine de commencer. Vendredi, un élève de sixième année de l’école Rabeau, à Saint-Lambert, prendra l’avion pour la Colombie avec ses parents, a rapporté Radio-Canada. Il a passé les trois dernières années dans le système scolaire québécois.

Sa mère, Carolina Grisales Patino, aurait souhaité qu’il puisse au moins terminer son année. « C’est très triste. Ce n’est pas facile. Mon mari et moi, nous pouvons gérer la situation, mais pour [lui], c’est les amis, la graduation, c’est beaucoup de choses pour un enfant », confie-t-elle.

Pourquoi la famille part

Arrivée au Québec en 2024 pour étudier en techniques d’éducation à l’enfance, Carolina Grisales Patino travaillait à temps partiel dans un centre de la petite enfance (CPE) de Boucherville. Elle cumulait 20 ans d’expérience dans le domaine en Colombie. Son permis de travail fermé, c’est-à-dire lié à un employeur précis, a expiré le 15 avril.

Pour le renouveler, son employeur devait obtenir une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT), un document qui prouve que l’embauche d’un travailleur étranger répond à un réel besoin de main-d’œuvre. La demande a été refusée en février.

Une nouvelle demande était impossible. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, une EIMT ne peut pas être traitée pour un emploi à bas salaire lorsque le taux de chômage de la région métropolitaine atteint 6 % ou plus. En juillet, il était de 6,6 % dans la région de Montréal.

L’EIMT sert justement à démontrer qu’une embauche répond à un besoin de main-d’œuvre. Au-delà de 6 % de chômage, Ottawa ne traite tout simplement plus ces demandes pour les emplois à bas salaire, peu importe l’expérience de la candidate : ici, 20 ans dans le domaine.

La famille a donc choisi de partir volontairement avant de perdre son statut légal, pour ne pas nuire à ses chances de revenir. Elle reprendra ses démarches d’immigration depuis la Colombie.

Ce que ça change pour la famille

Depuis l’expiration du permis, la mère n’a pas pu travailler. « Finalement, on retourne dans notre pays sans argent », dit-elle. Ce sont des proches qui ont aidé à payer les billets d’avion.

Le garçon, lui, laisse derrière lui un projet bien concret : avec sa classe, il avait présenté au maire une proposition de piste de BMX, qui sera réalisée en 2027. Le maire de Saint-Lambert, Loïc Blancquaert, se souvient de lui, mais rappelle que les municipalités sont impuissantes en matière d’immigration.

Les ministères de l’Immigration du Québec et du Canada n’ont pas donné suite aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Vendredi, ses camarades se souhaiteront bon week-end à la sortie de l’école. Lui sera en route vers la Colombie, pour un nouveau départ qu’il n’a pas choisi.

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