Royaume-Uni : Andy Burnham ouvre la porte à un retour dans l’Union européenne
Dix ans après le référendum, le premier ministre évoque même une réadhésion. Emmanuel Macron répond « Welcome back! ». Le Canada a aussi intérêt à suivre ce rapprochement.

Dix ans après le vote du Brexit, Londres rouvre un débat que tous les gouvernements britanniques avaient soigneusement évité. Le premier ministre Andy Burnham, arrivé à Downing Street en juillet après la démission de Keir Starmer, veut présenter différentes options pour la relation à long terme avec l’Union européenne, a rapporté Radio-Canada.
Interrogé sur la BBC, il a énuméré les scénarios : le statu quo, un retour dans l’union douanière, c’est-à-dire un espace où les pays appliquent les mêmes tarifs aux produits venant de l’extérieur, un retour dans le marché unique, qui permet la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes, ou une réintégration complète de l’UE. Il n’a pas dit lequel il préférait. Mais lors du congrès travailliste, il a estimé que la sortie de l’UE avait fait plus de mal que de bien au pays.
Une opinion qui a changé
Le Royaume-Uni a quitté l’UE en 2020, après le référendum du 23 juin 2016. Aujourd’hui, 55 % des électeurs opteraient pour un retour, selon un sondage Survation publié en juin. Andy Burnham, qui avait fait campagne contre le Brexit, avait dit espérer voir son pays retourner dans l’UE « de son vivant ».
À Paris, la réaction a été immédiate. Emmanuel Macron a salué l’idée d’un « Welcome back! », jugeant que ce serait « une très bonne nouvelle » si les Britanniques souhaitaient revenir. Les partisans du Brexit, eux, crient à la trahison, à l’image de Richard Tice, numéro deux du parti Reform UK de Nigel Farage.
Et le Canada dans tout ça?
C’est là que le dossier nous concerne. Le député européen Sandro Gozi, qui préside une initiative parlementaire sur les relations bilatérales, voit dans les propos d’Andy Burnham une « opportunité historique », au moment où l’UE cherche à développer des partenariats privilégiés avec d’autres pays, comme le Canada, face aux pressions des États-Unis et de la Chine.
Alors qu’ici, le commerce avec les États-Unis devient de plus en plus imprévisible, un bloc européen renforcé par le retour du Royaume-Uni serait un partenaire encore plus important pour le Canada et le Québec, qui cherchent justement à diversifier leurs marchés.
La suite
Un sommet entre Londres et Bruxelles doit avoir lieu d’ici la fin de l’année, probablement en novembre, selon l’ambassadeur de l’UE à Londres, Jukka Salovaara. Des frictions demeurent, notamment sur la mobilité des jeunes. Si Andy Burnham reste prudent, c’est par crainte de raviver les déchirements du passé, analyse David Henig, du cercle de réflexion European Centre for International Political Economy.
La leçon, pour nos exportateurs, est peut-être celle-ci : en commerce, les portes qu’on ferme finissent parfois par se rouvrir.


