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Politique

Richard Martel au Sénat : « Je n’ai jamais traversé de l’autre côté »

Nommé par Mark Carney, l’ex-député conservateur de Chicoutimi—Le Fjord n’a pas encore choisi son groupe à la Chambre haute. Mais il jure que ses valeurs n’ont pas bougé.

2 min de lecture
Richard Martel n’a pas encore choisi son groupe au Sénat. Photo : abdallahh from Montréal, Canada / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

« J’ai un fond conservateur. » La phrase est lâchée. Richard Martel vient d’être assermenté sénateur. Il n’a pas encore choisi son camp.

L’ancien député conservateur de Chicoutimi—Le Fjord a été nommé à la Chambre haute par le premier ministre Mark Carney. Il a laissé son siège aux Communes pour l’occasion. Et maintenant, on le courtise.

Quatre options s’offrent à lui, rapporte La Presse : les conservateurs, le Groupe des sénateurs canadiens, le Groupe progressiste de sénateurs ou le Groupe des sénateurs indépendants. Pour apprendre les rouages, il s’est trouvé un parrain. Le sénateur conservateur Claude Carignan. Un indice? Peut-être.

« Ça ne veut pas dire à 100 % que je vais aller conservateur, mais mes valeurs, quand même, restent », a-t-il dit en entrevue.

Pas un transfuge

Une chose l’agace : qu’on le confonde avec les transfuges, ces élus qui changent de parti en plein mandat. Quatre de ses anciens collègues l’ont fait, dont Matt Jeneroux et Chris d’Entremont. Résultat : le gouvernement Carney, élu minoritaire, est aujourd’hui majoritaire.

« Je n’ai jamais traversé de l’autre côté, je suis un conservateur », martèle Richard Martel. Devenir député libéral? « Hors de question », dit-il.

Les libéraux l’ont-ils approché? Seulement à la blague, assure-t-il. « Il n’y a rien eu de formel. » Il se dit aussi en bons termes avec Pierre Poilievre.

L’hémorragie

Le contexte, lui, est brutal pour les conservateurs. Avec Richard Martel, ils seront bientôt huit à avoir quitté le caucus. Quatre transfuges. Deux démissions. Et Scott Aitchison, qui a annoncé mercredi qu’il partira à son tour.

Pourquoi tous ces départs? L’ancien entraîneur sort une image de hockey. « Quand tu vas en politique, ce n’est pas pour toujours être dans l’opposition, je pense. C’est comme quand tu as une équipe de hockey, ce n’est pas pour être en dernière position toutes les années. »

Il parle aussi d’équilibre entre le travail et la vie personnelle. De motivation.

Le Saguenay dans le viseur

Au Sénat, il promet de continuer à défendre « son monde ». L’aluminium. La forêt. La base de Bagotville. L’agriculture. Les ports. « On est toujours dans le radar lorsqu’on parle d’enjeux fédéraux », lance-t-il.

Ironie du sort : son ancien siège a changé de couleur. Le libéral Daniel Gobeil l’a remporté lors de l’élection partielle d’août. Les conservateurs, qui détenaient la circonscription depuis 2018, ont fini troisièmes, loin derrière.

Richard Martel n’a peut-être pas traversé la Chambre. Ses anciens électeurs, eux, l’ont fait.

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