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Politique

Référendum de PSPP : il faudra tenir plus de 27 mois, alors que le record minoritaire est de 20 mois

Le nouveau premier ministre promet de ne pas lancer de campagne référendaire avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. Or, aucun gouvernement minoritaire québécois n’a duré aussi longtemps, et l’appui à la souveraineté s’établit à 29 % une fois les indécis répartis.

3 min de lecture
Le drapeau du Québec flotte au-dessus de l’hôtel du Parlement. Photo de 2024. Photo : Gabriel Picard / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à ne pas déclencher de campagne référendaire tant que Donald Trump occupera la Maison-Blanche, soit, selon le calcul du Devoir, pendant un peu plus de 27 mois encore. Or, le gouvernement minoritaire qui a tenu le plus longtemps dans l’histoire du Québec, celui du libéral Jean Charest, n’a duré que 20 mois, de mars 2007 à novembre 2008.

Porté au pouvoir lundi avec 28 % des voix à la tête d’un gouvernement minoritaire, le chef péquiste, devenu le 34e premier ministre du Québec selon le Journal de Montréal, n’a pas tardé à réaffirmer son intention. « C’est normal de se reposer la question, à la lumière de notre déclin linguistique et culturel accéléré au cours des dernières années, mais aussi dans la perspective légitime de devenir maître de notre destin à part entière », a-t-il déclaré lundi soir.

Le report s’explique, selon le premier ministre désigné, par le climat d’incertitude créé par le président américain. Réélu en novembre 2024, celui-ci doit quitter ses fonctions à la fin de janvier 2029, au terme de son deuxième et dernier mandat.

Ce que prévoit le Livre bleu

Dans son Livre bleu sur l’indépendance, le Parti québécois prévoit la tenue d’un référendum « durant le mandat de quatre ans ». La question serait proposée par un comité d’experts, puis approuvée par l’Assemblée nationale, et le parti promet que « la question sera claire ». Des observateurs internationaux seraient invités. Quant au seuil, le document s’en tient à la loi québécoise sur la consultation populaire : la majorité requise « sera de 50 % des voix exprimées plus une voix ».

En cas de victoire du Oui, Québec proposerait des négociations au gouvernement fédéral, afin de respecter l’avis rendu par la Cour suprême du Canada après 1995, qui écartait une déclaration unilatérale d’indépendance sans négociation. Si Ottawa pratique la politique de la chaise vide, prévient le PQ, « il le fera à ses risques et périls ».

Six consultations, un seul Oui

L’histoire est peu encourageante pour l’option. Depuis la Confédération, les électeurs québécois ont été appelés à six reprises à se prononcer dans une forme ou une autre de référendum, et ont répondu Non cinq fois. Tout a commencé en 1898, avec un plébiscite pancanadien sur la prohibition de l’alcool, auquel le Québec fut la seule province à dire Non.

Le seul Oui remonte à 1919 : presque quatre électeurs sur cinq acceptèrent alors que la vente d’alcool soit permise. Suivirent les Non de 1942 sur la conscription, de 1980 sur la souveraineté-association, de 1992 sur l’accord de Charlottetown et de 1995, où le Non l’emporta avec 50,58 % des voix contre 49,42 %, avec une participation de 93,5 %.

Ce que disent les sondages

Les chiffres récents donnent peu d’élan au projet. À la fin de septembre, un sondage Synopsis-La Presse plaçait l’appui à la souveraineté à 25 %, contre 63 % d’opposants et 12 % d’indécis; une fois ces derniers répartis, le Oui obtenait 29 % et le Non, 71 %. Selon Le Devoir, l’appui oscillait autour de 40 % jusqu’au retour de Donald Trump au pouvoir, et n’a plus franchi ce seuil depuis.

Le même sondage indiquait que 52 % des Québécois s’attendaient à ce que le chef péquiste tienne sa promesse de référendum. Seulement 13 % croyaient toutefois à une victoire du Oui, contre 67 % qui prévoyaient une défaite et 20 % qui ne savaient pas.

Ce que cela change

Le premier ministre désigné invoque lui-même l’incertitude pour différer le référendum. Pour les entreprises et les investisseurs, une consultation annoncée, même reportée, s’ajoute pourtant à cette incertitude au moment de planifier des investissements au Québec.

Le calendrier, lui, est implacable. Pour tenir sa promesse dans les conditions qu’il s’est fixées, le gouvernement péquiste devra durer plus longtemps que tout gouvernement minoritaire avant lui, en obtenant à la pièce l’appui des partis d’opposition.

La première épreuve ne sera donc pas référendaire, mais budgétaire : avant de parler de pays, il faudra d’abord faire adopter un budget.

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