Record au NASDAQ, alors que le taux américain à 10 ans retrouve ses sommets de 2002
Wall Street a terminé en hausse lundi, portée par les géants de la technologie, même si le coût d’emprunt du gouvernement américain reste au plus haut depuis plus de 20 ans.

Dans la cuisine financière, le prix de l’argent mijote à feu vif depuis une semaine. Lundi, Wall Street a quand même passé à table, et elle avait de l’appétit.
L’indice NASDAQ, où se négocient surtout les titres technologiques, a gagné 1,05 % et fixé un nouveau record, autant en cours de séance (27 544,06 points) qu’à la clôture (27 477,31 points), a rapporté l’Agence France-Presse dans La Presse. Le S&P 500, qui regroupe les grandes entreprises américaines, a pris 0,66 %, et le Dow Jones, 0,18 %.
À Toronto, la journée a été plus tranquille. L’indice composé S&P/TSX a gagné 15,90 points, soit 0,05 %, pour finir à 35 518,55 points.
Le chaudron obligataire
Le vrai sujet de la journée se trouvait pourtant sur le marché obligataire. Le rendement des obligations du gouvernement américain à 10 ans, c’est-à-dire l’intérêt que Washington doit offrir pour emprunter sur une décennie, tournait autour de 5,31 % en fin d’après-midi, contre 5,27 % vendredi. En séance, il a de nouveau dépassé 5,34 %, renouant avec ses sommets de 2002.
« Le marché obligataire est en pleine tourmente, comme toute la semaine dernière, mais personne n’a semblé s’en soucier aujourd’hui », a résumé Christopher Low, de FHN Financial, à l’AFP.
En théorie, des taux élevés refroidissent les investisseurs. Ils renchérissent le crédit pour tout le monde, à commencer par les gouvernements, qui doivent consacrer une part plus grande de leurs revenus aux intérêts de leur dette. Pour un État qui emprunte beaucoup, c’est une facture qui grossit sans rien produire.
L’argent privé cherche preneur
Si la Bourse résiste, c’est que les capitaux ne manquent pas. « Il y a encore énormément de liquidités disponibles et […] de capitaux en quête d’investissement », a noté M. Low.
Ces capitaux se sont tournés lundi vers les géants de la technologie et de l’intelligence artificielle : Nvidia a gagné 2,12 %, Microsoft 1,48 %, Broadcom 2,08 %, Alphabet 0,86 % et Meta 1,90 %. Les analystes de Briefing.com y voient un signe possible de confiance envers les résultats des entreprises, dont la saison de publication approche.
Le taïwanais TSMC, géant des semi-conducteurs, a avancé de 2,78 % à 485,91 dollars après qu’Elon Musk eut évoqué des discussions sur une participation possible du groupe à Terafab, son projet d’usine géante de processeurs destinés surtout à l’IA.
La plus belle assiette est toutefois revenue aux actionnaires du concepteur de logiciels PTC. Son titre a bondi de 33,49 % à 192,26 dollars : le français Schneider Electric a annoncé qu’il rachetait l’entreprise pour 22,6 milliards de dollars, soit environ 40 % de plus que sa valeur en Bourse à la clôture de vendredi. Quand des acheteurs privés sont prêts à payer une telle prime, c’est qu’ils voient de la valeur à créer.
Ce qui pourrait refroidir le plat
Les investisseurs attendent maintenant mercredi la publication du compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), la banque centrale.
« D’ordinaire, les comptes rendus ne sont pas très intéressants, mais celui-ci fait suite à la première hausse des taux de la Fed depuis juillet 2023 », a souligné Jay Woods, de Freedom Capital Markets. Les marchés y chercheront des indices sur la suite de la politique monétaire.
Bref, Wall Street a mangé de bon cœur lundi. Reste à voir si la Fed, mercredi, montera encore le feu sous la marmite.


