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Économie

Réconciliation avec les Autochtones : ce qu'engage une déclaration d'entreprise

Mercredi, une déclaration invite les entreprises privées à s'engager envers les peuples autochtones. Sa signature est gratuite, mais les textes publiés ne mentionnent ni sanction ni vérification externe.

2 min de lecture
Une signature sur un document. Photo d'illustration. Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels

Mercredi, une déclaration d'entreprise a été lancée pour inviter le secteur privé à renforcer ses liens avec les peuples autochtones. Elle répond à l'appel à l'action 92 de la CVR (Commission de vérité et réconciliation), issu du rapport final de 2015, qui comptait 94 appels à l'action. Le texte est ouvert à toutes les entreprises qui veulent le signer.

Des firmes privées ont rédigé le texte. Parmi elles figurent Microsoft, Teck Resources, la firme de placement Leith Wheeler et Bon départ, la fondation de Canadian Tire. Le CNVR (Centre national pour la vérité et la réconciliation), partenaire du projet, y a aussi pris part.

L'appel 92 demande aux entreprises de tenir compte des droits des peuples autochtones dans leur fonctionnement quotidien. Avant tout projet de développement économique, il exige une consultation approfondie et l'accord libre, préalable et éclairé des communautés. Concrètement, il s'agit d'un accord donné avant le début d'un projet, sans pression et en connaissance de cause.

Entre 1857 et 1996, des pensionnats confiés à des Églises mais financés par l'État ont accueilli de force 150 000 enfants autochtones, rapporte L'actualité. Dans son rapport de 2015, la commission conclut que ce système était un rouage central d'un génocide culturel, appuyé par les pouvoirs publics. Elle a d'abord recensé 3200 décès d'enfants; le CNVR, qui continue d'examiner des millions de dossiers, juge que le bilan véritable pourrait dépasser largement ce chiffre.

Les entreprises privées n'ont rien à débourser pour signer, précise Radio-Canada. Victoria Grant, qui a participé à l'élaboration du texte, y voit « une courtepointe qui rassemble les gens », a-t-elle dit à La Presse canadienne. Dans un texte commun, Wilton Littlechild, puis Marie Wilson, anciens coprésidents de la CVR, y voient un pas en avant vers la réconciliation.

Ce que la déclaration change pour une entreprise tient d'abord à des engagements de méthode : apprendre l'histoire des peuples autochtones, dialoguer et collaborer avec leurs communautés, y consacrer des ressources et faire le point sur les progrès accomplis. Le texte se veut un travail continu plutôt qu'un geste isolé. Les reportages sur le lancement ne mentionnent toutefois ni montant d'investissement, ni sanction, ni vérification externe : la portée dépendra donc de la volonté de chaque signataire.

La directrice générale du CNVR, Stephanie Scott, estime que les firmes privées ont un poids considérable dans la vie économique et dans les pratiques internes. « Cette déclaration vise à utiliser cette influence de manière responsable, et elle offre aux entreprises un moyen concret d'agir, d'apprendre les unes des autres et de démontrer des progrès significatifs au fil du temps », a dit Stephanie Scott, rapporte Le Devoir.

Pour une PME, reste à savoir ce que chaque engagement exigerait en temps de direction et en ressources. Les reportages ne les chiffrent pas.

À surveiller

Trois repères restent à suivre. D'abord, la liste complète des engagements, que les reportages ne reproduisent pas. Ensuite, le nombre d'entreprises qui signeront la déclaration. Enfin, la question de savoir si les signataires publieront les moyens qu'ils consacrent à ces engagements.

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