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Politique

Que contient le cadre financier de Charles Milliard? 11,9 milliards de promesses et 12 000 postes de moins

Le chef libéral promet l’équilibre budgétaire en 2029-2030 sans toucher aux services directs en santé, en éducation et en culture. Pour y arriver, il freine les autres dépenses et abolit deux mesures fiscales de la CAQ.

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Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec. Photo : Amélie Caron / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Combien coûtent les promesses du Parti libéral du Québec? 11,9 milliards de dollars, selon le cadre financier sur cinq ans présenté par son chef, Charles Milliard, qui promet malgré tout un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030.

Ce cadre financier, le document où un parti additionne ses promesses et explique comment il les paiera, prétend aussi effacer complètement l’impasse budgétaire de 5,85 milliards relevée en août par la vérificatrice générale du Québec dans son rapport préélectoral. Une impasse, c’est l’écart entre ce que l’État prévoit dépenser et ce qu’il prévoit encaisser, sans plan précis pour le combler.

Comment compte-t-il payer?

Le chef libéral mise d’abord sur une meilleure efficacité de l’État, ce qui inclut une diminution de près de 12 000 postes à temps complet dans la fonction publique sur cinq ans.

Il freine ensuite les dépenses. Leur hausse serait limitée à 2,4 % par année en moyenne, et à seulement 1,2 % de 2028 à 2030, sauf en santé, où elle resterait près de 5 %, et en éducation, où elle dépasserait 3 %. Ces hausses sont inférieures à la croissance normale des dépenses des ministères, notamment à cause de l’inflation, et M. Milliard reconnaît qu’il y aura des choix à faire. « Bien sûr qu’il y aura des changements dans certains ministères », a-t-il dit.

Enfin, il compte sur des revenus en hausse de 3,5 % par année en moyenne, grâce à un recentrage de certains crédits d’impôt aux entreprises, à l’encadrement du jeu en ligne illégal, à la lutte contre l’évasion fiscale, à une contribution accrue des sociétés d’État et à une hausse des transferts fédéraux, qui n’est pas garantie. Il conserve une prévision pour éventualité, un coussin pour les imprévus, de 4 milliards.

S’agit-il d’austérité? « Je n’ai pas peur du tout du mot austérité parce que ce n’est pas de l’austérité qu’on propose. C’est un retour à un réalisme économique », répond le chef libéral.

Qu’est-ce qui change?

Deux mesures de la CAQ disparaîtraient. La première est le crédit d’impôt qui rembourse jusqu’à 5875 $ des droits de mutation, la fameuse taxe de bienvenue payée à l’achat d’une propriété, aux nouveaux acheteurs. La seconde est le congé de TVQ sur certains produits d’épicerie instauré par Christine Fréchette.

« Au lieu de jouer sur la demande de logements, on veut jouer sur l’offre », explique M. Milliard, qui ne pleure pas le congé de TVQ : « On éliminerait [l’exemption de TVQ] sur les cantaloups et les melons coupés, qui est une mesure qui ne sert aucunement le Québec ». Pour un acheteur qui comptait sur ce crédit, la fin de la mesure peut toutefois représenter jusqu’à 5875 $ de plus à payer.

Côté infrastructures, le Plan québécois des infrastructures, l’enveloppe qui finance routes, écoles et hôpitaux, passerait à 195 milliards, soit 28 milliards de plus sur dix ans. Une loi obligerait à consacrer 75 % de ces sommes au maintien d’actifs, c’est-à-dire à réparer ce qui existe déjà plutôt qu’à construire du neuf.

Qui est touché?

Les fonctionnaires d’abord, avec la suppression de près de 12 000 postes. Les aînés en résidence privée ensuite : le PLQ promet de plafonner les hausses de loyer et de services dans ces résidences et de renverser le fardeau de la preuve : une résidence qui voudrait dépasser ce plafond devrait démontrer devant le Tribunal administratif du logement que la hausse est justifiée. M. Milliard accuse la CAQ d’être responsable de la fermeture de 760 petites résidences pour aînés en huit ans.

À l’école, le PLQ promet 1000 ressources spécialisées de plus pour appuyer les enseignants, des états généraux en éducation et la rémunération des stages en enseignement. Quant à un congé férié le 30 septembre, il ne figure pas dans la plateforme, mais le chef ne l’exclut pas : « chaque jour férié a un impact économique important, mais, en même temps, la réconciliation politique et économique avec les Premières Nations est importante ».

Et maintenant?

Comme la CAQ, le PLQ compte sur une hausse des transferts d’Ottawa qu’il n’a pas obtenue. Le prochain budget fédéral, cet automne, dira si ce pari tient.

À retenir : le PLQ promet moins d’État hors santé, éducation et culture, mais une partie de son plan repose sur des revenus, fédéraux et fiscaux, qui restent à obtenir.

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