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Faits divers

Procès de Gavin Chisholm : la Couronne décrit un tueur lucide et demande trois verdicts de culpabilité

Au terme des plaidoiries finales, la poursuite soutient que l’accusé savait ce qu’il faisait et qu’il a inventé ses hallucinations. Le juge Brian Holowka a pris l’affaire en délibéré.

3 min de lecture
Le palais de justice de L’Orignal, dans l’Est ontarien, où se tient le procès. Photo de 2013. Photo : Bibliocom / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

La Couronne demande au tribunal de déclarer Gavin Chisholm criminellement responsable du meurtre de sa mère et de son frère, ainsi que de l’agression d’un camionneur. Ses trois procureurs, Joël Lefebvre, Alexandre Simard et Aquilas Kapend, ont présenté jeudi leurs plaidoiries finales au palais de justice de L’Orignal, dans l’Est ontarien, a rapporté Radio-Canada.

La défense plaide plutôt que l’accusé ne pouvait distinguer le bien du mal au moment des faits, en raison d’un trouble mental. Le juge Brian Holowka a pris sa décision en délibéré. Gavin Chisholm est présumé innocent tant que le tribunal ne s’est pas prononcé.

Une préparation décrite étape par étape

Pour la poursuite, tout montre un homme conscient de ses gestes. Me Lefebvre a d’abord rappelé l’historique familial de l’accusé et les conflits qui l’opposaient à sa mère, notamment après qu’il eut pris près de 3000 $ dans le compte bancaire de son frère. Dans les mois précédents, la mère avait confié à des policiers et à des proches qu’elle avait peur de son fils, selon la Couronne.

La poursuite a rappelé que l’accusé avait commandé deux couteaux en ligne les 15 et 16 avril 2023, reçus la veille des meurtres, survenus le 19 avril. Selon la Couronne, il a ensuite pris plusieurs décisions qui montrent qu’il réfléchissait : épargner ses deux plus jeunes frères, prendre une douche, puis fuir avec la voiture de sa mère, plus rapide que la sienne.

L’homme, alors âgé de 22 ans, a quitté les lieux avec l’intention de s’en prendre à son père et à ses grands-parents, qui habitent au Québec. Pendant sa courte fuite, il a agressé un camionneur, blessé à l’abdomen, à la tête et à la main. Il fait face à une accusation de voies de fait graves pour cette agression. Les policiers de la Sûreté du Québec l’ont arrêté sur l’autoroute 30, près de Saint-Lazare.

Des hallucinations inventées, selon la poursuite

Le cœur du procès porte sur la santé mentale de l’accusé. La Couronne soutient qu’il a inventé ses hallucinations pour être déclaré non criminellement responsable, c’est-à-dire pour être reconnu incapable, à cause d’un trouble mental, de comprendre que ses gestes étaient mauvais.

Me Lefebvre s’est appuyé sur les témoignages de policiers, d’une ambulancière paramédicale, d’un psychiatre, d’un détective et de membres du personnel médical et carcéral qui ont rencontré l’accusé dans les trois semaines suivant les meurtres. « Aucun d’entre eux n'a rapporté la moindre hallucination, le moindre délire ou la moindre pensée désorganisée », a-t-il souligné.

Me Simard a insisté sur la mémoire sélective de l’accusé. Selon lui, il existe six versions différentes du moment où Gavin Chisholm aurait commencé à entendre des voix.

La question de l’article 16

Me Kapend a conclu en soutenant que la défense n’a pas prouvé qu’un trouble mental avait privé l’accusé de sa capacité de juger ses gestes. L’article 16 du Code criminel prévoit qu’une personne n’est pas criminellement responsable si un trouble mental la rendait incapable de juger de la nature de ses actes ou de savoir qu’ils étaient mauvais.

Même si le tribunal devait conclure que l’accusé souffrait de schizophrénie ou présentait de vrais symptômes psychotiques ce jour-là, la preuve ne démontre pas l’incapacité légale exigée, a plaidé la Couronne. « La Couronne vous demande de le déclarer criminellement responsable et de prononcer trois verdicts de culpabilité », a lancé Me Kapend au juge.

La suite

Le juge Holowka rendra sa décision à une date qui n’a pas été rapportée.

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