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Prix qui changent selon l’heure, photos retouchées par l’IA : le resto entre dans une nouvelle ère

McDonald’s songerait à moduler ses prix selon l’heure et l’endroit. Pendant ce temps, l’IA s’invite sur les menus, au grand dam d’une partie de la clientèle.

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Les prix pourraient bientôt varier selon l’heure et l’achalandage. Photo : Maël BALLAND / Pexels

Votre hamburger du midi pourrait bientôt coûter plus cher que celui de 15 h (oui, même s’il a exactement le même goût). Selon une enquête de Reuters relayée par Radio-Canada et le Journal de Montréal, McDonald’s songerait à utiliser l’intelligence artificielle pour appliquer la tarification dynamique dans ses restaurants aux États-Unis et dans certains restaurants ailleurs dans le monde.

La tarification dynamique, vous la connaissez sans le savoir : c’est le principe des billets d’avion ou des courses en voiture partagée, dont le prix monte quand la demande est forte. Concrètement, le géant du burger pourrait ajuster ses prix selon l’achalandage, l’heure et l’emplacement. L’entreprise n’en est qu’à y songer, selon ces reportages.

Le menu passe aussi à l’IA

L’IA ne s’arrête pas à la caisse. Elle s’installe aussi sur les menus, où des photos retouchées ou carrément générées par ordinateur remplacent celles des photographes. Et ça ne plaît pas à tout le monde. « Je déteste ça. Je trouve que c’est d’une paresse incroyable », a confié une passante, Emma Hay, à Radio-Canada.

Côté restaurateurs, la logique est budgétaire. Selon un sondage de Restaurants Canada auprès de ses membres, 41 % disent fonctionner à perte ou atteindre tout juste le seuil de rentabilité, une situation aggravée par la hausse du prix du carburant. Un photographe culinaire et un graphiste, c’est une dépense souvent hors de portée d’une petite entreprise. Selon David Soberman, professeur de marketing à l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto, l’IA est un levier efficace pour réduire les coûts, et quand un concurrent l’adopte, les autres se sentent presque obligés de suivre.

La styliste culinaire Zoe Rousseau, elle, n’est pas convaincue : les images créées par l’IA finissent toutes par se ressembler, avec les mêmes couleurs saturées. « C’est tout simplement ennuyeux », tranche-t-elle.

Et votre portefeuille dans tout ça?

Les lois contre la publicité trompeuse existent au Canada, mais selon David Soberman, les tribunaux n’ont pas des dents très aiguisées, et la loi mériterait d’être clarifiée à l’ère de l’IA. Bonne nouvelle : les consommateurs ne se fient déjà plus seulement aux photos. Ils s’appuient massivement sur les évaluations et les commentaires en ligne, observe le professeur.

L’astuce, donc : avant de commander, lisez les avis des autres clients, et si les prix se mettent à varier, comparez les heures. Le burger le moins cher sera peut-être celui de l’après-midi. Votre estomac, lui, devra simplement apprendre la patience.

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