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Pénitencier de Port-Cartier : drones, violence en hausse et 80 places à rouvrir sur la Côte-Nord

Le directeur de l’un des deux pénitenciers fédéraux à sécurité maximale du Québec a ouvert ses portes au Soleil. Il y parle des incidents en hausse, de la contrebande par drone et des travaux qui doivent rendre 80 places.

3 min de lecture
Une clôture surmontée de fil barbelé. Photo d’illustration. Photo : Joshua Brown / Pexels (licence Pexels)

Au bout d’un long chemin sinueux de la Côte-Nord, à quelque 600 kilomètres de Québec, le pénitencier de Port-Cartier se cache de la route. De l’extérieur, il paraît tranquille, presque désert. Dedans, raconte Le Soleil, qui a obtenu une rare visite guidée, on trouve cellules, corridors sombres et aires communes où vit une petite société d’environ 200 détenus, tous classés au niveau de sécurité maximal, le plus élevé que prévoit la loi.

Les détenus y ont accès à une cuisine, une cafétéria, des gymnases, des classes, une grande bibliothèque et une salle de prière ouverte à toutes les religions. Pour des raisons de sécurité et de confidentialité, le journal n’a pas pu photographier l’intérieur.

Un des deux seuls établissements du genre au Québec

Au Canada, les pénitenciers fédéraux se divisent en trois niveaux : minimum, médium et maximum. Chaque détenu est classé selon une échelle de cotation qui tient compte, entre autres, de la gravité de son crime et de sa conduite derrière les barreaux. Le Québec n’en compte que deux de niveau maximal, dont celui de Port-Cartier. « On gère des délinquants qui sont à risque élevé pour la sécurité du public », résume son directeur, Martin Héroux.

Le but du personnel est de « stabiliser » les détenus, puis de les amener à un niveau de sécurité inférieur. Selon M. Héroux, quand un détenu a assez d’outils pour gérer son comportement, l’équipe tente de le transférer dans un pénitencier à sécurité moyenne, car il faut le préparer à sa sortie. Certains groupes de détenus sont aussi tenus à l’écart les uns des autres.

Plus d’incidents, moins de silence

Les prisons canadiennes ont vu la violence augmenter ces dernières années, et Port-Cartier ne fait pas exception. M. Héroux reconnaît que les incidents sont plus nombreux, sans pouvoir donner de chiffres précis. Il croit que les employés signalent plus facilement qu’avant les gestes violents, physiques ou non. « Quand je suis rentré il y a 20 ans, il y a des gestes de violence dont j’étais témoin que je ne signalais pas nécessairement, parce qu’on pensait que ça faisait partie du milieu et que c’est normal. En 2026, on commence tranquillement à dire non, on n’accepte pas ça », dit-il.

La hausse est aussi liée aux livraisons par drone. Les détenus peuvent recevoir par leur fenêtre des stupéfiants, des cellulaires ou d’autres objets interdits. Des investissements majeurs ont été faits récemment pour freiner ce phénomène, qui reste un casse-tête pour le personnel. L’éloignement joue toutefois en faveur de Port-Cartier : les contacts de l’extérieur doivent faire plus de route pour y venir, ce qui limite un peu les livraisons par rapport aux établissements proches des grands centres.

80 places en voie d’être rendues

À l’été 2024, les feux de forêt qui menaçaient les installations ont forcé le transfert de tous les détenus vers d’autres établissements, une situation inédite. À la réouverture, la direction a décidé de n’ouvrir que deux pavillons sur trois, afin de refaire complètement le troisième. Les places sont donc limitées depuis. Les travaux sont sur le point de se terminer et libéreront 80 places supplémentaires.

Le point de vue du directeur

M. Héroux compte plus de 20 ans d’expérience en milieu correctionnel. Selon lui, le public voit surtout les cotes de sécurité à la télévision, mais pas le travail fait par les autres employés pour réduire le risque et préparer la réinsertion. Il rappelle que la grande majorité des détenus finiront par sortir : « On va les croiser dans les gyms, dans les centres commerciaux, à l’épicerie. Ils vont peut-être même être nos voisins. C’est vraiment un enjeu que je trouve méconnu du public. »

Les sources consultées ne rapportent pas de point de vue extérieur à l’administration, comme celui d’un syndicat ou d’un détenu, ni de données chiffrées sur la hausse des incidents.

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