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Politique

Pas de coalition et un gel du salaire des élus : les premiers engagements de PSPP au pouvoir

Avec 59 députés sur 127, le premier ministre désigné exclut toute coalition et gouvernera dossier par dossier. Il annonce un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale, un gel du salaire des élus et un Conseil des ministres plus petit.

3 min de lecture
L’hôtel du Parlement, à Québec, où siégera le gouvernement minoritaire de Paul St-Pierre Plamondon. Photo de 2025. Photo : Dpalma01 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Paul St-Pierre Plamondon ne formera pas de gouvernement de coalition, même si le Parti québécois (PQ) ne compte que 59 députés, cinq de moins que le seuil de la majorité, a-t-il confirmé mardi lors de son premier point de presse à titre de premier ministre élu, au théâtre Le Diamant, à Québec, a rapporté Radio-Canada. Il négociera plutôt l’appui des oppositions sujet par sujet.

Le ton a changé en une nuit. « Je ne vois plus les chefs des autres partis comme mes adversaires, comme c'était le cas hier », a-t-il déclaré, selon Radio-Canada. Il promet de rencontrer dans les prochaines semaines ses homologues du Parti libéral, du Parti conservateur et de Québec solidaire.

Un programme de cent jours sous le signe de la sobriété

Le premier ministre désigné a présenté de nouveau le plan de ses 100 premiers jours. On y trouve un sommet sur l’itinérance, mais aussi plusieurs mesures qui visent directement le train de vie de l’État : la création d’un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire, le dépôt d’un projet de loi pour geler le salaire des élus et des dirigeants des sociétés d’État, et la formation d’un Conseil des ministres plus restreint que celui du gouvernement sortant.

Le plan prévoit aussi, selon Le Devoir, un projet de loi pour abolir Santé Québec et supprimer 900 postes dans sa structure administrative. Le quotidien relève qu’il reste à voir comment cette réforme pourra être menée sans perturber le réseau.

Autre chantier, plus symbolique, mais chiffré : M. St-Pierre Plamondon a demandé un avis juridique sur la présence de la lieutenante-gouverneure à l’ouverture de la 44e législature, le mois prochain. Les avocats du gouvernement évalueront aussi si les sommes consenties à son cabinet, soit 1,3 M$ pour 2026-2027, peuvent être redirigées vers la lutte contre l’itinérance, comme promis en campagne.

Les premières nominations

Le chef péquiste a nommé sa cheffe de cabinet, Nadine Koussa, qui présidait jusqu’à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Frédéric Guay, ancien sous-ministre à l’Environnement et aux Transports, devient secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, c’est-à-dire le plus haut fonctionnaire de l’État.

Le Conseil des ministres devra être formé d’ici la reprise des travaux parlementaires, prévue le 17 novembre. Une difficulté s’annonce : la Capitale-Nationale n’a élu aucun député péquiste. Plusieurs options sont sur la table, dont un rôle pour Pascal Paradis et Alex Boissonneault, pourtant défaits lundi.

L’expérience gouvernementale sera une denrée rare. Seuls deux élus péquistes, Pascal Bérubé et Nicolas Marceau, ont déjà été ministres, sous Pauline Marois.

Ce que cela change

Un gouvernement minoritaire doit obtenir l’appui d’au moins un parti d’opposition à chaque vote de confiance. « Ça prend beaucoup de doigté pour gouverner un gouvernement minoritaire dans un contexte où il y a un éclatement aussi important du vote », a souligné au Devoir le politologue Eric Montigny, de l’Université Laval.

Le dossier référendaire illustre la difficulté. Le chef libéral, Charles Milliard, a promis une opposition déterminée, et le chef conservateur, Éric Duhaime, a fermé la porte à toute collaboration sur cette question, a rapporté Le Devoir. Reste Québec solidaire, dont la cheffe, Ruba Ghazal, a prévenu que son appui ne serait pas inconditionnel. « Chaque chose en son temps », a répondu M. St-Pierre Plamondon, selon Radio-Canada.

Pour le contribuable, l’arithmétique parlementaire n’est pas neutre. Chaque appui négocié a un prix, et les priorités des conservateurs, qui veulent un État plus mince, s’accordent mal avec celles de Québec solidaire.

Le poids de l’histoire

Le PQ forme le sixième gouvernement de son histoire avec 28 % des voix, le plus faible appui populaire jamais obtenu par un gouvernement québécois moderne, sous le précédent plancher de 31,95 % du gouvernement Marois en 2012. Le parti a néanmoins pratiquement doublé ses votes depuis 2022, passant d’environ 600 000 à près de 1,2 million.

Les gouvernements minoritaires ont vécu environ 18 mois dans l’histoire récente du Québec, rappelle Radio-Canada. Le nouveau premier ministre a promis d’aller vite. Le 17 novembre, il devra montrer que la sobriété annoncée tient aussi dans les crédits.

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