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Pari sportif : theScore.Bet écope de 200 000 $ d’amende pour deux offres de retrait jamais honorées

Un joueur s’est fait offrir environ 380 000 $, puis près de 100 000 $, pour encaisser son pari avant la fin des matchs. Il a accepté les deux fois, sans jamais être payé. Ce que cette sanction ontarienne vous apprend sur les offres de retrait anticipé.

2 min de lecture
Toronto, en Ontario, où la CAJO encadre le marché des paris en ligne. Photo de 2025. Photo : Erik Drost / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Vous avez misé sur plusieurs matchs le même soir. Presque tout tombe de votre côté, et l’application vous propose d’empocher une somme tout de suite, avant le dernier résultat. Vous acceptez sans hésiter. Encore faut-il que l’offre soit réelle.

Elle ne l’était pas pour un client de theScore.Bet, selon la CAJO, l’organisme provincial qui supervise l’alcool, le cannabis, les jeux de hasard et les courses de chevaux en Ontario. L’organisme a imposé une amende de 200 000 $ à Score Media and Gaming Inc., l’exploitant de la plateforme, pour avoir présenté des offres de retrait qui n’ont pas été honorées.

Ce qui s’est passé

Le 14 mars 2025, le joueur a placé un pari combiné de 1000 $, c’est-à-dire une mise qui ne rapporte que si toutes les sélections sont bonnes. Il devait prédire correctement les résultats de matchs de la LNH, de la NBA et du basketball universitaire américain (NCAA), tous disputés ce jour-là. Le gain potentiel dépassait un million de dollars.

Alors que tous ses choix sauf un s’étaient avérés gagnants, theScore lui a proposé un retrait anticipé d’environ 380 000 $. Le joueur a accepté sur-le-champ. La transaction a pourtant été rejetée lors d’une vérification automatisée, les cotes ayant changé entre-temps.

Quatre minutes plus tard, nouvelle offre : près de 100 000 $. Nouvelle acceptation immédiate, nouveau refus. Le pari s’est finalement soldé par une perte, et le joueur n’a rien touché.

Ce que reproche l’organisme

La registrateure de la CAJO a conclu qu’aucune des deux offres n’était réalisable telle qu’elle avait été présentée au joueur. La sanction s’appuie sur la norme 4.07, qui exige que les renseignements donnés aux joueurs avant et pendant le jeu ne soient pas trompeurs, notamment lorsqu’ils décrivent des gains ou des fonctionnalités impossibles à obtenir.

« En imposant l’amende maximale prévue, nous envoyons un message clair : ces attentes ne sont pas facultatives », fait valoir la CAJO dans son communiqué. L’exploitant dispose de 15 jours pour demander une audience devant le Tribunal d’appel en matière de permis, un organisme indépendant de la CAJO.

Un marché ouvert, mais surveillé

L’affaire illustre le modèle ontarien : des entreprises privées comme theScore y offrent leurs paris en ligne dans un marché réglementé, que la CAJO présente comme une solution plus sûre que les sites non réglementés. La concurrence y est permise, mais les promesses faites aux clients doivent être tenues.

Une amende ne règle toutefois pas le litige du joueur. Selon la CAJO, ses sanctions sont distinctes des recours dont disposent les joueurs pour faire régler leurs différends, et le traitement des plaintes reste la responsabilité des exploitants. Autrement dit, l’amende va à l’organisme, pas dans la poche du parieur.

Que faire?

  • Considérez une offre de retrait anticipé comme une proposition qui peut changer en quelques secondes, au gré des cotes, même après votre clic.
  • Conservez une capture d’écran de toute offre que vous acceptez, avec l’heure affichée.
  • En cas de refus, adressez d’abord une plainte écrite à l’exploitant, qui doit la traiter conformément aux lois de l’Ontario et du Canada.
  • Si le jeu devient une source d’inquiétude, ConnexOntario offre du soutien pour le jeu problématique au 1-866-531-2600.

Avant votre prochain pari, prenez deux minutes pour lire les conditions de retrait de votre application : c’est souvent là que se cache la différence entre une offre et un gain.

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