Papineau : le PQ élit une députée en Outaouais pour la première fois en 50 ans, l’autoroute 50 au menu
Isabelle Millette, ex-propriétaire de journal qui travaillait auprès des entrepreneurs de la région, l’a emporté avec 30,2 % des voix. Elle promet de faire équipe avec les quatre députés libéraux de l’Outaouais.

Le Parti québécois a un député en Outaouais. C’est une première depuis le début des années 1980.
Isabelle Millette a remporté Papineau lundi avec 30,2 % des voix, après le dépouillement de 202 des 204 bureaux de scrutin, selon Radio-Canada. La libérale Isabelle Sabourin a suivi avec 28,6 %. Le conservateur Michel Kadri a pris la troisième place avec 22,1 %.
Une lutte à trois. Serrée jusqu’au bout.
Une région rouge, depuis longtemps
Le PQ n’avait plus fait élire personne dans la région depuis Jean Alfred et Jocelyne Ouellette, députés de Papineau et de Hull de 1976 à 1981. Depuis, il mordait la poussière à chaque scrutin.
Le politologue Félix Mathieu, professeur à l’Université du Québec en Outaouais, avoue sa surprise. « Lorsqu’un phénomène ne se produit pas pendant 50 ans, il faut quand même que les astres soient particulièrement bien alignés pour que ça puisse se produire à nouveau », a-t-il dit à Radio-Canada.
Ses explications : l’envie de changement, qui a balayé les caquistes de la région, la visite de Paul St-Pierre Plamondon dans Papineau le 29 septembre, et sa promesse de ne pas tenir de référendum tant que Donald Trump est président des États-Unis. Le PQ a aussi terminé deuxième dans Hull et dans Chapleau.
Emmanuel Marcotte, 87 ans, militant de la première heure, n’y croyait pas non plus. Il pensait que les libéraux rafleraient les cinq circonscriptions, a-t-il confié. En 1976, il avait organisé la campagne de Jocelyne Ouellette, élue par deux voix après un recomptage judiciaire.
L’autoroute 50, test numéro un
La nouvelle députée a les deux pieds dans l’économie régionale. Ancienne propriétaire d’un journal, elle travaillait depuis quelques années auprès des entrepreneurs de l’Outaouais. Elle a fait campagne sur la consommation locale et la réalité du monde rural.
Ses priorités : la santé, l’autoroute 50, le logement abordable et les projets miniers. Des priorités semblables, dit-elle, à celles de ses quatre nouveaux collègues libéraux de la région. Elle promet de travailler avec eux et de devenir la porte d’entrée de l’Outaouais à l’Assemblée nationale.
L’autoroute 50 sera le premier test. Pendant la campagne, le chef péquiste s’est engagé à « sécuriser et dépolitiser » ce dossier pour que les travaux se fassent rapidement. « Je connais de fond en comble cette autoroute-là. C’est parmi les endroits les plus dangereux au Québec », avait-il dit.
Pour les automobilistes, les camionneurs et les entreprises qui dépendent de ce lien routier, la question est simple : quand, et à quel coût? Les sources ne donnent ni échéancier ni budget.
Les projets miniers, eux, sont une occasion de création de richesse pour une région rurale. Reste à voir si un gouvernement péquiste minoritaire suivra.
Des électeurs contents
À Buckingham, mardi, des électeurs rencontrés par Radio-Canada se disaient satisfaits. « Ça va faire du bien, du changement. J’espère que ça va amener du positif », a lancé Ginette Morin.
Isabelle Millette succède à Mathieu Lacombe, ministre sortant de la Culture, qui ne se représentait pas. Elle devient la première femme élue dans Papineau.
Le PQ s’installera-t-il pour de bon en Outaouais? Emmanuel Marcotte refuse de parier. « Je ne suis pas bien bon pour prévoir l’avenir. Je suis meilleur pour prévoir le passé », a-t-il lancé en riant.
Prochaine étape : l’assermentation. Ensuite, l’autoroute 50 attend un échéancier.


