lundi 12 octobre 2026Édition du Québec
L’information sans complaisance.
Dollar canadien 0,7007 $ US▼En euros 0,6259 €▼Taux directeur É.-U. 3,75 à 4,00 %Obligations É.-U. 5 ans 5,02 %▲Obligations É.-U. 10 ans 5,24 %▲ Sources : Banque du Canada, Fed de New York, Trésor américain (9 oct.)
En ce moment
UFC à Edmonton : les Gatinois Marc-André Barriault et Julien Leblanc veulent rebondir le 17 octobreCanada–Danemark à Toronto : Casey Stoney réclame plus d’efficacité devant le but après le nul de MontréalMike Paul Kuekuatsheu, en lice à l’ADISQ avec un album chanté en innu, 30 ans après ses débutsL’ancienneté avant les élèves : en Estrie, des enseignants qualifiés attendent pendant que la liste décide
Politique

Ottawa maintient 8 G$ d’investissements militaires en Alberta, référendum ou pas

Le ministre de la Défense, David McGuinty, assure que ni le référendum albertain ni l’élection du Parti québécois ne retarderont les projets de défense, dont la moitié de l’enveloppe albertaine ira à la base de Cold Lake.

3 min de lecture
Un chasseur F-35 en vol. Photo d’illustration. Photo : Guy Seela / Pexels (licence Pexels)

Le gouvernement fédéral ne suspendra pas ses investissements militaires en attendant l’issue du référendum albertain : le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a chiffré à 8 milliards de dollars les projets prévus en Alberta, dont la moitié devrait servir à construire les infrastructures pour l’arrivée des F-35 à Cold Lake, dans le nord de la province, où se trouve la plus grosse base de chasseurs du Canada.

C’est lors d’un discours prononcé mercredi dernier sur une base militaire d’Edmonton, en compagnie de la première ministre Danielle Smith, que M. McGuinty a présenté le rôle que l’Alberta jouera dans la refonte de la défense nationale entreprise par son gouvernement. Plusieurs de ces grands projets étaient en attente depuis des années, rapporte Le Devoir, qui s’appuie aussi sur une entrevue du ministre au Canada’s National Observer.

Ce qui a été annoncé

Outre l’enveloppe de Cold Lake, le ministre a mentionné trois autres montants :

  • 550 millions pour installer en Alberta le centre d’opérations ouest d’une nouvelle flotte d’avions-ravitailleurs, les CC-330 Husky;
  • plus de 580 millions pour la maintenance des bases albertaines;
  • 750 millions pour un nouveau laboratoire de défense contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, dans le sud de la province.

Plusieurs questions demeurent sans réponse. Pour la base des avions ravitailleurs, le ministre n’a pas précisé l’emplacement, même si l’aéroport international d’Edmonton avait déjà été évoqué comme site envisagé.

Un calendrier que rien ne devrait retarder

La question de fond était de savoir si l’incertitude politique, en Alberta comme au Québec, justifiait d’attendre avant de dépenser. M. McGuinty répond que non. « Cela ne retarde aucune de ces décisions. Nous allons de l’avant », a-t-il dit en entrevue.

Selon lui, Ottawa ne voit ni dans le référendum albertain ni dans l’arrivée au pouvoir du Parti québécois des motifs de reporter les investissements prévus par la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada. Il a raconté qu’on lui avait posé la même question à propos de Bagotville, au Québec, et que sa réponse restait la même : le gouvernement poursuit la mise en œuvre de son plan, dans un pays qu’il juge plus fort lorsqu’il reste uni.

Le ministre a nié que le moment de son annonce visait les électeurs albertains, le qualifiant de « largement fortuit ». Il a toutefois reconnu avoir voulu plaider pour l’unité nationale, au nom du patriotisme et de la défense du pays. « Nous sommes beaucoup plus forts ensemble. Nous sommes beaucoup plus forts unis », a-t-il déclaré. Son discours a d’ailleurs évoqué la Confédération et la contribution de l’Alberta aux deux guerres mondiales.

Le coût de l’indépendance, selon Edmonton

Mme Smith a replacé ces annonces dans le débat référendaire. Selon une étude que la province a confiée à l’Université de Calgary, une Alberta souveraine aurait une facture pouvant atteindre 25 milliards de dollars pour honorer, à son tour, les engagements du Canada au sein de l’OTAN. La première ministre y voit un exemple du partage des compétences au sein du pays, et de la difficulté de bâtir de toutes pièces des institutions fédérales de cette nature. Ce sont, a-t-elle dit, des institutions qui « méritent d’être préservées ».

Ce que cela change

Pour les contribuables, le message est double : l’argent fédéral continue d’aller là où il avait été prévu, et le coût d’une défense propre à une Alberta indépendante est désormais chiffré, du moins selon l’étude commandée par la province elle-même. Cette estimation provient d’un rapport mandaté par le gouvernement albertain; elle ne tranche pas le débat, mais elle donne à l’électeur un ordre de grandeur.

Reste que plusieurs détails, dont l’emplacement de la base des ravitailleurs, devront encore être précisés avant que les travaux ne s’enclenchent.

Infolettre gratuite

Le Briefing

L’essentiel de l’actualité québécoise, sans complaisance. Chaque matin à 6 h 30, lu en 5 minutes.

Désabonnement en un clic. Aucun partage de votre adresse.

À lire aussi