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Ottawa-Gatineau : Sutcliffe promet de faire tomber les barrières commerciales, 10 milliards à la clé

Le maire sortant d’Ottawa veut que les deux rives de la rivière des Outaouais soient reconnues comme une seule économie. Il promet aussi des permis plus rapides et le maintien d’une baisse de taxe pour les PME.

2 min de lecture
Le maire sortant d’Ottawa, Mark Sutcliffe. Photo de 2024. Photo : Taymaz Valley / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Faire des affaires de l’autre côté de la rivière des Outaouais, c’est plus compliqué que de vendre aux Américains. C’est le constat de Mark Sutcliffe, maire sortant d’Ottawa, qui a dévoilé lundi son plan économique en vue des élections municipales ontariennes du 26 octobre, rapportent Radio-Canada et Le Droit.

Sa mesure phare : une « zone de libre-échange » entre Ottawa et Gatineau. Selon lui, abolir les barrières entre les deux rives pourrait ajouter jusqu’à 10 milliards de dollars à l’économie locale. Le chiffre est celui du candidat. Les sources ne précisent pas sur quelle étude il repose.

« Pour les entreprises d’Ottawa, faire des affaires avec des entreprises et des clients aux États-Unis est plus facile que de faire des affaires avec des clients qui se trouvent à quelques centaines de mètres, de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Il faut que cela cesse », a-t-il lancé, cité par Le Droit.

Gatineau dans le coup

L’idée ne sort pas de nulle part. Le 25 août, Mark Sutcliffe et la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, ont signé une entente de collaboration. Les deux villes demandaient alors aux gouvernements supérieurs de reconnaître Ottawa-Gatineau comme une seule économie régionale.

Le hic : ni Ottawa ni Gatineau ne contrôle ces règles. Le maire promet donc de faire pression sur Ottawa, Toronto et Québec. Il affirme avoir l’appui du premier ministre fédéral. « J’ai parlé avec le premier ministre Carney et il est d'accord avec moi que c’est nécessaire pendant cette période d’incertitude », a-t-il dit à Radio-Canada.

Moins de paperasse pour les entreprises

Le plan mise aussi sur des gestes concrets pour les entrepreneurs. Le maire promet de maintenir la réduction de taxe destinée aux petites entreprises et d’abolir pour de bon les frais municipaux exigés pour les terrasses.

Il veut accélérer les demandes d’aménagement des entreprises qui s’installeront dans l’Est. « Si une autre entreprise comme celle-ci souhaite s’installer ici et employer des dizaines ou des centaines de personnes dans l’est de la ville, nous travaillerons avec elle pour accélérer ses demandes d’aménagement et les faire cheminer rapidement, afin qu’elle puisse s’installer le plus vite possible », a-t-il dit devant l’entreprise OakWood, à Orléans.

Au menu également : une zone économique spéciale près du centre-ville d’Orléans, le long du prolongement de l’O-Train, un Conseil économique de l’Est, un futur centre-ville à Barrhaven, un premier Sommet de l’investissement en 2027 et davantage de vols directs à l’aéroport d’Ottawa.

Qui paie?

Reste la question de l’argent. Interrogé sur le financement de ces projets, Mark Sutcliffe compte sur l’aide des autres ordres de gouvernement et sur les investissements étrangers, rapporte Radio-Canada. Autrement dit, une partie de la facture viendrait des contribuables fédéraux et provinciaux.

Le contexte n’aide pas : tarifs américains et incertitude sur les emplois de la fonction publique fédérale. Le maire y voit pourtant une ouverture. Il veut attirer des entreprises européennes et asiatiques pendant que les États-Unis s’isolent.

Ses trois principaux adversaires n’avaient pas répondu aux demandes du Droit au moment de la publication.

Prochaine étape : le vote du 26 octobre. Pour les entreprises de Gatineau, la vraie réponse viendra toutefois de Québec et de Toronto, qui détiennent les clés de ces barrières.

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