« Opération indécis » : St-Pierre Plamondon réclame une majorité et promet une place à Boissonneault
À quatre jours du vote, le chef péquiste demande à chaque militant de convaincre un indécis et rejette l’idée d’un gouvernement minoritaire. Christine Fréchette parle d’impacts économiques « colossaux ».

Des pneus d’hiver. C’est l’image qu’a choisie Paul St-Pierre Plamondon, jeudi, pour vendre l’idée d’un gouvernement majoritaire. « C’est comme faire face à l’hiver, puis tu as le choix entre avoir des pneus d’été ou des pneus d’hiver. Je prendrais des pneus d’hiver », a lancé le chef du Parti québécois, selon Radio-Canada.
Le message est limpide. À quatre jours du scrutin, le PQ ne veut rien savoir d’un mandat minoritaire.
Devant ses partisans, le chef a présenté deux scénarios. D’un côté, un gouvernement minoritaire, avec une « survie moyenne de 12-18 mois » et des engagements bloqués faute de « la permission de nos adversaires ». De l’autre, « un vrai quatre ans franc ». Il n’a pas caché sa préférence.
Un militant, un indécis
En après-midi, il a lancé ce qu’il appelle l’opération indécis. La consigne est simple : chaque membre du Parti québécois doit convaincre au moins un électeur indécis de voter pour le parti.
« On aimerait ça avoir notre chance de montrer ce qu’on est capables de faire, montrer ce qu’on a dans le ventre dans le cadre d’un vrai mandat de quatre ans », a plaidé M. St-Pierre Plamondon.
La cible : les électeurs tentés par le PQ, mais refroidis par un référendum sur la souveraineté. « Non, l’élection ne porte pas uniquement sur cette question-là », a-t-il répondu à Christine Fréchette, de la Coalition avenir Québec, et à Charles Milliard, du Parti libéral, qui ramènent la question référendaire à chaque occasion. Le scrutin porte plutôt, selon lui, sur « un gouvernement dont le bilan est très lourd » et sur la volonté de changement.
Arthabaska, terrain glissant
Après Drummondville, la caravane a mis le cap sur Plessisville, dans Arthabaska-L’Érable. Le péquiste Alex Boissonneault y a remporté l’élection partielle de 2025. Son adversaire, à l’époque? Éric Duhaime lui-même.
Un an plus tard, la course s’annonce beaucoup plus serrée, à en croire les sondages cités par Radio-Canada. Le chef conservateur n’a pas raté l’occasion. « Je pense que le Parti québécois sent la soupe chaude », a lancé M. Duhaime à Québec. Selon lui, c’est la seule circonscription détenue par un député péquiste où le chef se sent obligé d’aller en fin de campagne.
Paul St-Pierre Plamondon n’a pas nié que la lutte sera chaude. « Le Parti québécois ne peut rien prendre pour acquis dans cette élection », a-t-il reconnu.
Faut-il sauver le soldat Boissonneault? « C’est bien plus qu’un soldat, c’est un général », a répondu le chef. Puis cette phrase, lourde de sens : « Ça me fait plaisir d’être là en soutien à une personne dont j’ai besoin au conseil des ministres. »
Une place à la table des décisions, promise par la bande. Jusque-là, le chef péquiste s’était bien gardé de dévoiler la composition de son éventuel conseil des ministres.
Fréchette sonne l’alarme
La riposte caquiste est venue en mêlée de presse, l’après-midi. Pour Christine Fréchette, l’appel à un gouvernement stable montre que le chef péquiste « ne comprend pas l’économie ». « Il ne comprend pas que les impacts économiques vont être colossaux en cas de victoire du parti séparatiste », a-t-elle dit.
La cheffe de la CAQ évoque des investissements privés qui ne se feraient pas au Québec dès le lendemain d’une victoire péquiste, en raison de l’incertitude référendaire. Elle cite aussi des dizaines de milliards de dollars en investissements fédéraux, notamment en défense, qui pourraient aller ailleurs.
Une majorité serait encore plus risquée, selon elle : le PQ aurait « tous les outils pour mettre de l’avant leur projet de référendum, dont les trois quarts des Québécois ne veulent pas ».
Une campagne de peur? « Ce ne sont pas des épouvantails. La guerre tarifaire, je ne l’invente pas », a-t-elle rétorqué.
À ses côtés, la présidente sortante du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a comparé le chef péquiste au président américain. « Quand on ne dit pas comme lui, c’est des fake news », a-t-elle lancé.
Lundi, les électeurs trancheront. Pneus d’été, pneus d’hiver, ou un autre véhicule.


