Minganie : l’aide à domicile de 80 aînés sauvée pour l’instant, mais la coopérative reste fragile
Grâce à 10 500 $ de la MRC, la coopérative a évité l’interruption de ses services. Pour durer, elle mise sur une hausse de tarifs de quelques dollars, de nouveaux clients et des partenariats.

Pour 80 personnes aînées ou en perte d’autonomie de la Minganie, sur la Côte-Nord, chaque visite compte. Un repas préparé, un ménage, un coup de main pour les tâches du quotidien : c’est ce qui leur permet de continuer à vivre chez elles. Depuis août, ce soutien était menacé.
La Coopérative de solidarité d’aide à domicile de Minganie craignait de devoir suspendre ses services pour une durée inconnue, a rapporté Radio-Canada. L’orage est passé, pour l’instant : les finances sont stables pour les semaines à venir. Mais l’avenir, lui, reste à bâtir.
Un sauvetage local
Le Réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile est venu épauler la coopérative, grâce à un financement de 10 500 $ accordé par la MRC de Minganie. Cet argent a permis d’éviter les bris de services. Tous les travailleurs ont conservé leur emploi, à l’exception du directeur général, qui doit être remplacé.
L’ampleur exacte des difficultés financières n’a toutefois pas été rendue publique. La coopérative n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de Radio-Canada.
« L’équilibre financier est fragile », a reconnu J. Benoit Caron, directeur général du Réseau, à l’émission Côte à Côte.
Le problème du volume
Le nœud du problème tient en deux mots : distance et volume. Les frais de déplacement sont élevés sur un vaste territoire, et la clientèle est mince. L’entreprise, qui existe depuis 21 ans, ne roule pas sur l’or.
« 80 usagers, c'est très peu, comparé à d’autres organisations. C’est donc difficile d’obtenir la rentabilité », explique M. Caron.
Ses solutions ont un parfum d’entreprise plus que de subvention. Il mise sur des partenariats, notamment avec Santé Québec Côte-Nord, sur une hausse de quelques dollars des tarifs et sur l’élargissement de la clientèle. Des moyens qui peuvent sembler atypiques pour certains, reconnaît-il, mais qui visent un objectif clair : que la coopérative tienne debout par ses propres revenus.
C’est là tout l’intérêt du modèle. Garder une personne aînée chez elle, avec quelques heures d’aide par semaine, mise sur l’autonomie et le choix de vivre à la maison. Encore faut-il que l’organisme qui offre ces services soit viable.
Des municipalités mobilisées
Le préfet suppléant de la MRC de Minganie, Sébastien L’Écuyer, salue la mobilisation des municipalités qui donnent de l’oxygène à l’organisme.
« Ces aînés ont construit les communautés dans lesquelles on vit, et il faut qu’elles continuent à y vivre dignement », a-t-il affirmé à Côte à Côte.
Il souhaite toutefois des organisations plus solides. « On ne peut pas demander aux ressources locales d'en faire davantage, tout en les laissant dans une situation de fragilité », plaide-t-il.
Et maintenant
La question qui reste entière est celle de la pérennité. Une aide ponctuelle de la MRC a permis de passer le cap, mais elle ne règle pas le déséquilibre de fond entre des coûts élevés et une petite clientèle. Les prochains mois diront si la hausse de tarifs, de nouveaux clients et un partenariat avec Santé Québec suffiront.
M. Caron, lui, se dit optimiste. Il n’est pas trop tard, croit-il, pour redresser la situation.
Pour les 80 usagers, l’enjeu est simple et concret : continuer à ouvrir leur porte, chaque semaine, à quelqu’un qui les aide à rester chez eux.


