Mikaela Shiffrin, 110 victoires en Coupe du monde, délaisse le slalom pour une saison « d’exploration »
La reine du slalom misera sur le slalom géant et le super-G en 2026-2027. Un pari audacieux pour une skieuse qui n’a pas gagné de super-G depuis décembre 2022.

Elle a tout gagné entre les piquets serrés. Elle veut maintenant aller plus vite.
Mikaela Shiffrin, détentrice du record de victoires en Coupe du monde avec 110 succès, dont 73 en slalom, mettra cette discipline en veilleuse cette saison, a-t-elle annoncé mardi. L’Américaine de 30 ans veut se consacrer davantage au slalom géant et au super-G.
« Cette saison en est une d’exploration. Nous l’appelons la saison de l’exploration », a-t-elle expliqué, selon La Presse.
Pas zéro slalom
Que les amateurs se rassurent : Shiffrin ne disparaîtra pas complètement du slalom. « Je prévois de participer à moins de slaloms cette saison. Pas nécessairement zéro! », a-t-elle écrit sur Instagram, selon Radio-Canada. Son premier slalom devrait avoir lieu à Killington, au Vermont, à la fin novembre, pendant la fin de semaine de l’Action de grâce américaine. D’autres suivront peut-être.
La saison s’ouvrira le 24 octobre à Sölden, en Autriche, par un slalom géant. Shiffrin n’a pas précisé si elle y sera.
Un palmarès hors norme
La décision surprend, tant la skieuse du Colorado domine sa discipline de prédilection. L’hiver dernier, elle a remporté son sixième gros globe de cristal, le trophée remis à la championne du classement général de la Coupe du monde, avec 87 points d’avance sur l’Allemande Emma Aicher. Elle a aussi décroché un neuvième petit globe en slalom, devant la Suissesse Camille Rast.
En février, elle a dominé le slalom des Jeux olympiques de Milan-Cortina pour une nouvelle médaille d’or.
La vitesse, le vrai défi
Le pari est réel. Le super-G, c’est l’épreuve qui allie la vitesse de la descente aux virages du slalom géant. Shiffrin n’y a plus gagné depuis décembre 2022. Sa dernière victoire en descente remonte à 2023.
Une grave blessure à l’abdomen, subie à la fin de 2024 lors d’un slalom géant à Killington, a laissé des traces. Depuis, elle peine à surmonter une appréhension dans les épreuves de vitesse, rapporte Radio-Canada. Elle n’a disputé que trois super-G depuis, avec une 22e place à Lillehammer, en Norvège, comme meilleur résultat. Aux Jeux de 2026, elle s’est classée 11e au slalom géant. Au classement de la discipline la saison dernière, elle a fini quatrième.
C’est justement ce défi qui la motive. « J’adore le processus consistant à devenir meilleure. J’aime davantage m’entraîner que compétitionner », a-t-elle confié.
« Je me sens ambitieuse. Je me sens toujours compétitive. J’ai envie de skier vite. J’ai l’impression que ces choses-là n’ont pas changé. Je me donne simplement la permission d’être curieuse de voir où cela me mènera, et c’est ça, l’exploration », a-t-elle ajouté, selon La Presse.
Maître de sa carrière
Il faut une bonne dose d’indépendance pour renoncer, en partie, à l’épreuve qui vous a rendue célèbre. Shiffrin fait ses choix elle-même, au risque de perdre des points au classement général. Elle mène aussi ses projets en parallèle, dont son émission en baladodiffusion, What’s the Point with Mikaela Shiffrin.
Premier rendez-vous possible : Sölden, le 24 octobre. Le vrai test viendra toutefois dans les super-G de l’hiver, là où la plus grande skieuse de l’histoire, selon plusieurs, veut prouver qu’elle peut encore apprendre.


