Michael J. Fox élevé au rang de compagnon de l’Ordre du Canada pour son combat contre le Parkinson
L’acteur, qui a recueilli 2,5 milliards $ pour la recherche, a été honoré vendredi à Rideau Hall par la gouverneure générale Louise Arbour. Des chercheurs de McGill et de l’Université Laval figurent aussi parmi les lauréats.

Il arrive qu’un titre de film devienne une maxime. « Après tout, “Retour vers le futur” a toujours été une bien meilleure idée que “En avant vers le passé” », a lancé vendredi la gouverneure générale Louise Arbour, à Rideau Hall, en rendant hommage à Michael J. Fox.
La vedette de la célèbre série de films a été officiellement élevée au rang de compagnon de l’Ordre du Canada. Les spectateurs se sont levés pour l’acteur, a rapporté La Presse canadienne, dont le texte a été repris par Radio-Canada, Le Devoir et Le Soleil.
Selon Rideau Hall, la distinction récompense l’engagement mondial sans faille de M. Fox face à la maladie de Parkinson. Cette affection évolutive du système nerveux se traduit par des tremblements, une raideur et une lenteur des mouvements, et s’accompagne de troubles dépressifs et de problèmes de mémoire.
Un combat mené à visage découvert
Michael J. Fox a rendu public son diagnostic en 1998. Depuis, il a recueilli 2,5 milliards $ pour la recherche et raconté avec une franchise rare les difficultés que vivent les personnes atteintes.
Il a tenu à rappeler, vendredi, la part du Canada dans cette quête scientifique. « Le Canada a été l’un des premiers terrains d’expérimentation de la stimulation cérébrale profonde », a-t-il souligné, en évoquant les progrès de la recherche canadienne sur la maladie.
Un Canadien de cœur
L’acteur a dit éprouver à la fois de la fierté et de l’humilité. « C’est tant de choses. Mais c’est surtout le fait d’avoir grandi au Canada, d’aimer ce pays, d’aimer ce qu’il représente, la façon dont il a évolué, s’est ravisé quand il le fallait et a tenu le cap quand il le fallait », a-t-il confié à La Presse canadienne à l’issue de la cérémonie.
Puis cet aveu, qui réjouira quiconque défend la place de nos œuvres sur nos ondes : « J’adore la musique canadienne, j’adore ce concept de contenu canadien. En fin de compte, vous avez un homme de 65 ans qui est typiquement canadien grâce à toutes ces choses. »
L’acteur s’est aussi permis un trait d’esprit au sujet de la gouverneure générale, dont la « taille moyenne » lui donnait, a-t-il plaisanté, l’impression d’être grand. « Elle est très drôle. Très gentille, très accueillante », a-t-il dit.
Le service plutôt que la gloire
Mme Arbour a salué l’excellence de chacun des lauréats. « Vous auriez pu mettre votre talent au seul service de votre réussite personnelle. Vous avez plutôt choisi de mettre vos compétences, votre influence et votre énergie au service des autres », leur a-t-elle dit. Puis, à l’intention de l’acteur : « Monsieur Michael J. Fox, vous en êtes un exemple éloquent. »
La science et les lettres à l’honneur
Michael J. Fox fait partie des 51 personnes intronisées ou promues à un grade supérieur au cours de la cérémonie. Parmi les nouveaux officiers figurent Nada Jabado, professeure à l’Université McGill, pour ses travaux en neuro-oncologie pédiatrique, c’est-à-dire l’étude des tumeurs du système nerveux chez l’enfant, et Charles M. Morin, professeur à l’Université Laval, pour ses recherches sur les troubles du sommeil. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz est promu officier pour avoir contribué à faciliter le commerce international du pays et à promouvoir son bien-être économique.
Ont été nommés membres l’autrice et metteuse en scène Marcelle Dubois, l’ancien directeur général des élections du Canada Jean-Pierre Kingsley, la journaliste Joyce Napier, le chirurgien pédiatrique Dan Poenaru, l’ancien ambassadeur Guy Saint-Jacques et l’homme d’affaires Lino Saputo.
La science, les lettres, l’entreprise, la médecine : voilà ce que le pays a choisi d’honorer vendredi. Une façon de rappeler que l’on se souvient moins de ce qu’une vie a accumulé que de ce qu’elle a transmis.


