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Merz à Kyiv avec 1,3 milliard d’euros d’aide, pendant que les drones russes visent les ponts

Le chancelier allemand a promis armes et soutien énergétique à l’Ukraine, au quatrième jour d’attaques contre un pont de la capitale. Affaibli chez lui, il défend une aide dont l’Europe peine à assumer la facture.

3 min de lecture
Le chancelier allemand Friedrich Merz à Aix-la-Chapelle, en mai 2026. Photo : Grunpfnul / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le chancelier allemand Friedrich Merz est arrivé dimanche à Kyiv avec une promesse d’aide de plus de 1,3 milliard d’euros, au moment même où les drones russes frappaient un pont de la capitale pour le quatrième jour d’affilée, ont rapporté La Presse et Radio-Canada d’après l’Agence France-Presse. La scène résume l’équation qui pèse sur l’Europe à l’approche de l’hiver : l’Ukraine a besoin de toujours plus, et ses alliés peinent déjà à combler son gigantesque déficit budgétaire.

Les ponts du Dniepr dans la mire

Deux des huit ponts que compte Kyiv sur le Dniepr ont été visés ces derniers jours par des drones russes à réaction, difficiles à intercepter, provoquant d’énormes embouteillages. « Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d’urgence se rendent sur place », a écrit le maire Vitaly Klitschko sur Telegram. Vendredi, il avait accusé Moscou de « saccager » la ville en s’en prenant méthodiquement à ses infrastructures et à sa logistique.

La mémoire de l’hiver précédent pèse lourd. En 2025, les frappes contre les centrales électriques avaient plongé par moments des millions d’Ukrainiens dans le noir et le froid. Moscou a d’ailleurs annoncé qu’elle allait « intensifier » ses frappes contre les installations militaires et industrielles, en réplique aux promesses de Volodymyr Zelensky de multiplier les attaques contre les raffineries russes. La veille de la visite allemande, la Russie avait invité les diplomates et les étrangers à quitter Kyiv avant de nouvelles frappes de représailles.

Ce que Berlin met sur la table

Le programme allemand combine armements et soutien au secteur énergétique. « Si la Russie n’est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous », a plaidé le chancelier. Sur le site de l’Académie des sciences, récemment endommagée, il a ajouté aux côtés du président ukrainien : « Ces attaques barbares contre la population civile ukrainienne doivent cesser. »

M. Zelensky a qualifié leurs entretiens de « productifs » et décrit une capitale qui vit « une situation terrible, des nuits et des journées épouvantables ».

Un chancelier affaibli

M. Merz voyage pourtant en position de faiblesse. Impopulaire, il sort de cinglantes défaites régionales face à l’AfD, un parti que l’AFP qualifie « d’extrême droite », qui réclame l’arrêt de l’aide à Kyiv et une normalisation des relations avec Moscou. Ce parti mène désormais dans les intentions de vote à l’échelle nationale.

Le message de ces scrutins est d’abord budgétaire. Chaque nouvelle tranche d’aide se paie avec l’argent des contribuables européens, et l’électeur allemand le fait savoir. L’argument de M. Merz, celui d’une menace qui finirait par frapper l’Europe elle-même, est une réponse sur le terrain de la sécurité ; il lui reste à convaincre qu’elle vaut son prix.

Une guerre économique autant que militaire

La Russie a dévasté par ses frappes la métallurgie ukrainienne et paralysé une grande partie des exportations agricoles par la mer Noire. L’Ukraine, elle, vise les raffineries et les dépôts pétroliers russes, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ainsi que des entrepôts de géants du commerce en ligne.

Une fenêtre diplomatique s’entrouvre. Dimanche soir, M. Zelensky a annoncé que les États-Unis proposaient des pourparlers trilatéraux avec des représentants russes et ukrainiens, au niveau technique, d’ici la fin d’octobre. L’Inde, par la voix de son chef de la diplomatie, Subrahmanyam Jaishankar, dit aussi vouloir jouer un rôle accru de médiateur.

La guerre ne se mesure plus seulement sur la ligne de front. Cet hiver, elle se jouera aussi sur les ponts de Kyiv et dans les budgets des capitales européennes.

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