Marathon de Montréal : il a couru 42 km en ramassant les déchets laissés dans la rue
James Guilbaud pratique le plogging, la course combinée au ramassage de déchets. Dimanche, son sac était plein dès le 11e kilomètre. Une initiative citoyenne qui ne coûte rien aux contribuables.

Vingt-cinq kilos de déchets sur un kilomètre et demi. C’est ce qu’une dizaine de coureurs ont ramassé vendredi dans les rues de Montréal avec James Guilbaud. Dimanche, l’homme a remis ça en plein Marathon de Montréal, sac sur le dos.
Le plogging, c’est courir en ramassant les déchets. Pendant l’épreuve, Guilbaud a surtout récolté des emballages de gels énergétiques, ces petites doses de sucre que les coureurs avalent en route et dont l’enveloppe de plastique finit trop souvent sur l’asphalte. « Mon sac était vraiment plein très tôt, au bout du 11e km environ », a-t-il raconté à Radio-Canada Sports.
Il a dû faire des choix. Une boîte de pizza n’entrait plus dans le sac, des tasses sont tombées. Il s’est alors limité aux gels.
Un effort qui casse le rythme
Guilbaud ne se sert pas d’une pince, pour gagner du temps. Il se penche pour chaque déchet. « Ça casse vraiment le rythme, c’était difficile aujourd’hui », a-t-il reconnu. Il visait moins de 3 h 15 min pour le marathon; il a raté sa cible de 13 minutes, et promet de revenir l’an prochain.
Il laisse aux organisateurs ce qu’ils ramassent eux-mêmes, comme les gobelets d’eau des postes de ravitaillement. Il se concentre sur ce qui traînait déjà dans la rue et sur ce que les coureurs jettent en cours de route.
Une initiative venue de la base
Guilbaud a découvert le plogging en France, au sein d’un groupe de course. « Autant je n’étais pas du tout dans l’écologie, d’un seul coup, je me suis dit qu’on peut faire quelque chose à notre échelle », dit-il. Arrivé à Montréal, il a vite constaté que les rues ne manquaient pas de déchets. Il organise maintenant des sorties de groupe, publie des vidéos sur Instagram et dit recevoir des encouragements des passants et des automobilistes.
Aucun programme public, aucune subvention dans son histoire : un citoyen, un sac, et l’exemple donné en courant. Son souhait le plus cher est pourtant de pouvoir arrêter, ce qui suppose que plus personne ne jette ses déchets par terre.
Reste une question pour une ville qui dépense pour la propreté de ses rues : combien de déchets échappent encore au ramassage, si un seul coureur remplit son sac en 11 kilomètres?


