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Lycées saccagés en France : Darmanin veut faire payer les réparations aux parents des casseurs

Près de 2000 gardes à vue, 40 proviseurs blessés et jusqu’à 30 millions d’euros de dégâts dans une seule région : Paris demande aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents.

2 min de lecture
La façade du lycée Turgot, à Paris. Photo : Lepocheux / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

En France, le blocage des lycées a dérivé dans la violence, et le gouvernement a trouvé à qui envoyer la facture : les parents. Vu d’ici, la question posée par Paris est d’une simplicité désarmante. Quand une école est saccagée, qui paie, le contribuable ou les familles des responsables?

Le garde des Sceaux, c’est-à-dire le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts causés par leurs enfants, a-t-il expliqué vendredi sur RTL, selon Le Figaro. « C’est pas le mineur qui paye, c’est les parents, aujourd’hui c’est aussi un problème de parents », a-t-il résumé, jugeant cette réponse « bien plus utile que l’enfermement ».

« Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d’établissement? », s’est-il demandé.

Un mouvement qui dérape

Le mouvement, parti de lycées qui réclamaient notamment le remplacement de professeurs et davantage de moyens, s’est étendu aux universités. Selon Le Figaro, près de 900 actions ont été recensées jeudi dans tout le pays, et une source gouvernementale fait état de 1027 établissements perturbés. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule de crise interministérielle.

Le bilan est lourd. Environ 2000 personnes ont été placées en garde à vue, « dont 90 % de mineurs », selon M. Darmanin, et un tiers des interpellations visent des violences contre des personnes. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, parle de « 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux ».

Gérald Darmanin dit craindre des « violences urbaines » ce week-end et lors de la journée de mobilisation nationale prévue mardi.

La région qui envoie la facture

En Auvergne-Rhône-Alpes, le président de la région, Fabrice Pannekoucke, estime les dégâts « entre 25 et 30 millions d’euros », en comptant les établissements, leurs abords et les véhicules attaqués. Vendredi, 93 lycées sur un peu plus de 300 y restaient fermés.

La région identifie les auteurs à partir des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et des images de surveillance. Elle prépare plus de 400 plaintes et a annoncé la suspension de certaines aides régionales aux casseurs et à leurs familles, comme la tarification des cantines et des transports scolaires. « Le contribuable ne peut être appelé sur des évènements comme celui-là », a tranché M. Pannekoucke.

Une bataille politique

À sept mois de l’élection présidentielle, l’affaire a pris une couleur partisane. Le gouvernement accuse La France insoumise d’attiser la violence, et M. Darmanin a qualifié son coordinateur, Manuel Bompard, de « pompier-pyromane ».

L’opinion, elle, est partagée. Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 62 % des Français trouvent la mobilisation des lycéens justifiée, mais plus de 70 % dénoncent l’implication des Insoumis. Les revendications des jeunes sur le manque de moyens trouvent donc un écho, même si les casses, elles, n’en trouvent guère.

Et chez nous?

Le principe que défendent Paris et la région lyonnaise mérite qu’on s’y arrête : séparer la cause, qu’on peut juger légitime, des dégâts, qui ont un coût bien réel. Plutôt que de laisser la facture se fondre dans les budgets publics, la France veut qu’elle remonte jusqu’à ceux qui l’ont provoquée.

Reste à voir si les juges suivront. M. Darmanin dit « espérer » que les magistrats confirmeront ce que demanderont les procureurs. La leçon, si elle se confirme, serait simple : la responsabilité n’est pas qu’un mot qu’on enseigne à l’école.

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