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Politique

« Les riches vont rester » : Ruba Ghazal mise sur un impôt sur les grandes fortunes pour financer 10,5 milliards

Québec solidaire se dit le seul grand parti à refuser de réduire la taille de l’État. Sa co-porte-parole veut taxer 4000 ménages fortunés pour financer le logement, les services publics et une « provision Trump ».

3 min de lecture
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire. Photo : QuebecSolidaireMercier / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« Les riches vont rester. »

Ruba Ghazal l’a lancé sans trembler, sur le plateau de l’émission spéciale Cinq chefs, une élection, diffusée par Radio-Canada depuis l’agora de l’Assemblée nationale. Le journaliste Alec Castonguay venait de lui demander comment elle empêcherait les ultrariches de déménager pour fuir sa nouvelle taxe.

Sa réponse : le Québec est trop bon pour qu’on le quitte. Une société éduquée. Une société pacifiste. « Ils aiment le Québec. C’est des Québécois aussi », a-t-elle ajouté.

Le pari est énorme. Il finance près de la moitié de son programme.

Qui paierait?

Québec solidaire (QS) propose un impôt sur la fortune. Contrairement à l’impôt sur le revenu, il frapperait chaque année la valeur de ce qu’on possède, comme des actions, des immeubles ou une entreprise, et non ce qu’on gagne. Le taux serait de 1 % sur les fortunes de 25 millions de dollars et plus, et de 2 % au-delà de 100 millions.

La mesure viserait environ 4000 ménages. Elle rapporterait 5 milliards, selon les calculs du parti. Ce chiffre suppose que ces ménages restent au Québec. C’est toute la question posée par Alec Castonguay.

QS veut aussi hausser l’impôt sur les profits des grandes sociétés et la part imposable de leurs gains en capital. Au total, le parti prévoit près de 10,5 milliards de nouveaux revenus d’ici 2030-2031, pour des promesses d’environ 10,5 milliards sur quatre ans. L’équilibre budgétaire serait atteint en 2029-2030.

« Ce qu’on vous présente cet après-midi, c’est la démonstration qu’on peut faire d’autres choix pour le Québec », a plaidé Ruba Ghazal. Elle dit prendre un chemin différent de ses quatre rivaux, qui promettent tous de réduire la taille de l’État.

Le logement, priorité des priorités

Le logement est « la priorité des priorités », répète la co-porte-parole. QS promet 50 000 nouveaux logements sociaux. Les hausses de loyer seraient limitées à l’inflation, sans dépasser 3 % par année. Un registre national des loyers servirait à repérer les hausses abusives. Le logement social et communautaire devrait atteindre 20 % du parc locatif d’ici 2050.

Pour les propriétaires de logements locatifs, cela signifie un plafond annuel sur les hausses de loyer. Pour les aînés locataires, QS promet de renforcer la loi Françoise David, qui les protège contre les évictions.

Le reste du panier

Face à la guerre commerciale, QS mettrait 2 milliards dans une « provision Trump ». Ruba Ghazal a jugé « totalement irresponsable » le cadre financier de la CAQ, qui réduit au contraire sa réserve pour les coups durs.

À l’école, QS est le seul parti à vouloir créer un réseau scolaire commun. Les écoles privées devraient choisir : ne plus recevoir d’argent public, ou être financées à 100 %, à condition de cesser de sélectionner leurs élèves et de ne plus exiger de droits de scolarité. Le parti promet aussi 2000 ressources spécialisées de plus. Et il veut faire du 30 septembre un jour férié, comme ailleurs au Canada.

Et le référendum?

Si le PQ forme un gouvernement minoritaire, QS l’aiderait-il à tenir un référendum d’ici 2030? Ruba Ghazal refuse de répondre. « Une chose est certaine, moi, Québec solidaire, nous serons dans le camp du Oui en nous assurant de rallier la société civile à ce projet », dit-elle. Cette semaine, elle a tout de même reproché au chef péquiste d’avoir manqué une belle occasion d’accepter la critique, rapporte Le Devoir.

Les riches vont rester, promet Ruba Ghazal. Lundi, on saura surtout combien d’électeurs restent avec elle.

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