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Politique

Le PCQ déborde de la région de Québec : Duhaime perce au Centre-du-Québec et bat Boissonneault

Les conservateurs ont balayé la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, gagné Louis-Hébert après une chaude lutte et fait élire des députés jusqu’en Mauricie et au Centre-du-Québec.

3 min de lecture
Victoriaville, dans la circonscription d’Arthabaska, remportée par le conservateur Tarek Hanoud. Photo d’août 2026. Photo : Gabriel Picard / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« On vient de battre six ministres de la CAQ, et on a même battu un ministre péquiste! » Éric Duhaime avait le sourire large, lundi soir. Il avait de quoi.

Le Parti conservateur du Québec n’est plus le parti d’une seule région. Il a raflé la grande région de Québec, puis il a traversé le fleuve et la carte. Mauricie. Centre-du-Québec. Estrie, selon son chef, rapporte Le Soleil.

« Aujourd’hui, on a des députés, oui, dans Chaudière-Appalaches, oui, dans la Capitale-Nationale, mais aussi dans le centre du Québec, la Mauricie et l’Estrie! », a lancé M. Duhaime à ses militants.

La revanche d’Arthabaska

La victoire la plus savoureuse s’est jouée dans Arthabaska. Le gestionnaire Tarek Hanoud y a défait le péquiste Alex Boissonneault, celui-là même qui avait battu Éric Duhaime lors d’une partielle chaudement disputée en 2025. Un candidat promis à un poste de ministre, de surcroît.

À Québec, la soirée a parfois été serrée. Dans Louis-Hébert, la lutte avec le PQ a été féroce, mais l’équipe de Duhaime a eu le dernier mot, selon TVA Nouvelles et Le Journal de Québec.

Ailleurs, le suspense a duré peu longtemps. De Charlevoix à Portneuf, en passant par Vanier et Charlesbourg, la majorité des circonscriptions de la grande région ont viré au bleu conservateur. Seul le centre-ville a résisté, avec deux solidaires et une libérale, note Le Soleil.

La Beauce donne le coup d’envoi

En Chaudière-Appalaches, c’est le grand chelem : les sept circonscriptions, de Thetford Mines à Lévis et La Pocatière, par de larges majorités. En Beauce, où les candidats du PCQ étaient passés tout près de gagner en 2022, les deux sièges sont tombés facilement.

« Je savais que le coup de pied dans la canisse, pour faire le changement, allait partir de la Beauce et Chaudière-Appalaches », a déclaré Jonathan Poulin, élu dans Beauce-Sud, devant les militants réunis au Dooly’s de Saint-Georges. Patricia Drouin, ex-mairesse de Vallée-Jonction, représentera Beauce-Nord.

Les conservateurs ont même percé jusqu’au Kamouraska avec Frédéric Poulin, ancien maire de L’Isle-aux-Grues, dans Côte-du-Sud. Au Centre-du-Québec et en Estrie, le médecin Guillaume Langlois (Nicolet-Bécancour) et l’homme d’affaires Jimmy Gagnon (Mégantic) feront aussi leur entrée à l’Assemblée nationale. Un médecin, un homme d’affaires, d’anciens maires : des profils venus du terrain plutôt que des appareils de parti.

Même en Abitibi-Est, le conservateur Jean-Philip Girard a terminé deuxième avec 22,20 % des voix, une « surprise » que le libéral sortant Pierre Dufour a lui-même soulignée à Radio-Canada.

Le troisième lien et la main tendue

M. Duhaime affirme avoir gagné la bataille des idées. Il se pose en défenseur du centre droit, de l’autonomisme québécois et du troisième lien, ce tunnel ou pont routier réclamé à l’est de Québec. « Tous ceux qui veulent enfin un troisième lien à l’Est pour désengorger et développer la région de Québec, vous avez votre homme à l’Assemblée nationale! », a-t-il martelé.

Sur les ruines de la Coalition avenir Québec, effacée de la carte lundi, il promet que son parti « est en croissance partout » et que l’élection d’une vingtaine de conservateurs n’est « ni un feu de paille ni une erreur de parcours ».

Il a aussi ouvert la porte toute grande aux orphelins de la CAQ, un parti qui a selon lui de bonnes idées, « mais malheureusement, pas le bon leadership ». « Je tends la main aujourd’hui, ce soir, aux caquistes déçus, à venir joindre notre famille autonomiste de centre droit. »

Le rapport de force a changé. Le Parti québécois formera un gouvernement minoritaire, et chaque projet de loi devra trouver des appuis ailleurs que dans ses rangs. Un bloc conservateur bien soudé, solide dans les régions qui créent de la richesse, pèsera dans la balance, que ce soit sur les dépenses publiques ou sur le troisième lien.

Lundi soir, Éric Duhaime avait enfin ce qu’il cherchait depuis des années : une équipe. Et un ministre péquiste en moins pour lui rappeler 2025.

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