La Corée du Nord tire plusieurs missiles balistiques, quelques jours après l’essai hypersonique de Séoul
L’état-major sud-coréen a détecté lundi matin des tirs partis de la région de Pyongyang. Ils surviennent sur fond de tensions autour de mines explosées dans la zone démilitarisée.

La péninsule coréenne a connu un nouveau coup de semonce lundi : la Corée du Nord a tiré « plusieurs missiles balistiques » vers la mer du Japon, a affirmé l’armée sud-coréenne, quelques jours seulement après le premier essai, par Séoul, d’une arme hypersonique de fabrication nationale.
Dans un communiqué, l’état-major interarmées sud-coréen a précisé que ses forces avaient détecté les tirs vers 9 h 20, soit 20 h 20 dimanche à l’heure de l’Est, depuis la région de Pyongyang. Il a employé le nom coréen de la mer du Japon, la « mer de l’Est ». L’armée avait d’abord fait état d’un « projectile non-identifié », a rapporté La Presse, avant de parler de plusieurs missiles. Elle dit avoir renforcé sa surveillance en prévision d’éventuels tirs supplémentaires.
Une escalade en trois temps
Ces lancements arrivent dans un enchaînement d’essais. Jeudi, Séoul a testé un véhicule planant hypersonique, un engin que des propulseurs de fusée envoient dans la haute atmosphère avant qu’il ne plonge vers sa cible à au moins cinq fois la vitesse du son. C’est la première arme de ce type conçue dans le pays.
Ce test faisait lui-même suite à un tir de missile hypersonique de portée intermédiaire par Pyongyang. Kim Yo Jong, influente sœur de Kim Jong-un, a affirmé que ce missile était « capable de modifier sa trajectoire de vol à basse altitude ». « Il n’existe aucun moyen d’éviter l’attaque de ce type de missile », a-t-elle déclaré. Kim Jong-un a pour sa part soutenu qu’« aucun pays au monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années ». Ces déclarations viennent de Pyongyang et ne sont pas confirmées par des sources indépendantes dans les articles consultés.
L’affaire des mines
La tension est montée d’un cran à la fin de septembre. Des mines ont explosé dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, blessant trois soldats sud-coréens. Le gouvernement de Séoul et la force multinationale dirigée par les États-Unis en Corée du Sud ont attribué ces mines à la Corée du Nord et l’ont accusée de contrevenir à l’accord d’armistice conclu à l’issue de la guerre de Corée (1950-1953). Séoul a réclamé des excuses. Pyongyang a nié toute responsabilité et dénoncé une « provocation ».
Les deux voisins sont toujours techniquement en guerre.
Une main tendue restée sans réponse
Depuis son arrivée au pouvoir au milieu de 2025, le président sud-coréen, Lee Jae Myung, cherche à désamorcer les tensions avec le Nord. Le 1er octobre, alors que la querelle des mines venait d’éclater, il a appelé à « rétablir la confiance et reprendre le dialogue ». Jusqu’ici, Pyongyang n’avait pas réagi à ses ouvertures, ou s’en était moqué.
Jeudi, Kim Yo Jong a posé ses conditions : la Corée du Sud doit montrer le « plus grand respect » si elle veut « réellement rétablir les relations ».
Les sources consultées ne précisent ni le nombre exact de missiles tirés lundi ni leur portée. L’armée sud-coréenne, elle, reste en alerte face à de possibles nouveaux tirs, et la politique d’ouverture de Séoul se trouve de nouveau mise à l’épreuve.


