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Affaires

L’IA fait chuter WSP et AtkinsRéalis en Bourse, malgré d’excellents résultats

Les marchés craignent que l’intelligence artificielle réduise les heures facturées par les firmes de génie-conseil. Les dirigeants et certains experts croient que la peur est exagérée.

2 min de lecture
Le siège d’AtkinsRéalis (anciennement SNC-Lavalin), boulevard René-Lévesque, à Montréal. Photo : Gene.arboit / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si l’IA faisait en quelques minutes ce qu’un ingénieur facture en plusieurs heures? C’est la crainte qui fait plonger les deux vedettes québécoises du génie-conseil, WSP Global et AtkinsRéalis, a rapporté La Presse.

Les chiffres sont parlants. WSP recule de 25 % depuis le début de l’année. AtkinsRéalis, l’ancienne SNC-Lavalin, a perdu 22 % depuis le début de février, alors que son titre atteignait un sommet de 109 $. Depuis 2023, ces deux actions faisaient pourtant le bonheur des investisseurs.

Le paradoxe des résultats

Ce qui rend la chute étonnante, c’est que les affaires vont bien. Au dernier trimestre, WSP a amélioré ses niveaux d’activité dans la plupart de ses régions et nettement augmenté sa marge bénéficiaire, soit la part de chaque dollar de revenus qui devient du profit, a noté Devin Dodge, analyste chez BMO Marchés des capitaux. Chez AtkinsRéalis, le BAIIA, une mesure de la rentabilité avant intérêts, impôts et amortissement, a atteint 293 millions, environ 5 % de plus que prévu. Les revenus du nucléaire ont bondi de 18 % sur un an.

Vendre du temps

Alors, pourquoi la panique? Parce que ces firmes vendent du temps. « Avec l’IA, ces firmes ne pourront plus facturer à leurs clients autant d’heures pour la réalisation des projets, d’où une baisse considérable attendue des revenus », explique Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuilles chez Claret Gestion de placements.

Le patron de WSP, Alexandre L’Heureux, voit les choses autrement. Selon lui, l’IA est un outil qui facilite le travail de l’expert, pas un substitut. « L’IA augmente nos capacités, mais elle ne peut prendre les décisions sur le terrain », a-t-il écrit en février.

Des remparts

Philippe Côté, cité par La Presse, souligne une barrière que l’on oublie souvent : les données. « Les codes et les données des projets réalisés par le passé sont la propriété de l’entreprise et l’IA ne peut les utiliser », explique-t-il. Les deux firmes affichent en outre des carnets de commandes de plus de 20 milliards chacune, c’est-à-dire des contrats déjà signés à réaliser.

L’embauche d’ingénieurs a tout de même ralenti dans le secteur. Le marché a-t-il raison de s’inquiéter, ou exagère-t-il? « Seul le temps va régler ce problème », tranche le gestionnaire.

Une certitude : l’IA promet de transformer le génie-conseil. Reste à savoir si elle le fera en remplaçant les ingénieurs ou en les rendant simplement plus rapides.

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