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Kyiv dit avoir mis hors service 51 % du raffinage russe, Poutine admet un coût d’environ 1 % du PIB

L’Ukraine affirme que ses frappes à longue portée ont neutralisé plus de la moitié des capacités de raffinage de la Russie, une donnée invérifiable. Le Kremlin reconnaît le coup, et le marché mondial du diesel le ressent.

3 min de lecture
Une épaisse fumée noire s’élève de la raffinerie de Moscou, dans le quartier de Kapotnia, lors d’un incendie le 18 juin 2026. Photo : Rotafinus / Wikimedia Commons (CC0)

La guerre en Ukraine se joue de plus en plus loin de la ligne de front. Le ministère ukrainien de la Défense a affirmé dimanche que ses frappes récentes contre des raffineries russes, notamment à Moscou, Iaroslavl, Oust-Louga, Perm, Saratov et Syzran, avaient mis hors service 51 % de la capacité de raffinage de la Russie, ont rapporté Le Devoir et Le Soleil. L’affirmation n’a pas pu être vérifiée de façon indépendante.

Le ministre de la Défense, Ievheniy Khmara, dit s’appuyer sur une évaluation conjointe des services de renseignement, de l’état-major général et de son ministère. « Cinquante et un pour cent des capacités de raffinage touchées constituent un coup dur pour l’économie de l’ennemi, pour sa capacité à mener son agression et à approvisionner ses groupements de troupes », a-t-il soutenu.

L’aveu du Kremlin

Moscou ne publie aucune donnée sur les dommages subis par ses installations pétrolières. Vladimir Poutine a toutefois reconnu, dans une rare déclaration le 1er octobre, que ces frappes avaient coûté au pays environ 1 % de son produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire de la valeur de tout ce que l’économie russe produit en un an.

« Ils ont commencé à attaquer des raffineries de pétrole et ont ouvertement déclaré vouloir nuire à notre économie. Ont-ils atteint leur objectif ? En partie », a-t-il déclaré devant le forum du Club de Valdai, qui réunit des spécialistes internationaux de politique étrangère.

Une industrie usée par les réparations

La Russie a toujours été le troisième producteur mondial de produits pétroliers raffinés, derrière les États-Unis et la Chine. Ses 32 raffineries encaissent pourtant les coups : certaines ont été touchées jusqu’à 15 fois depuis le début de la guerre, et une raffinerie a été frappée tous les trois jours ces derniers mois, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ce cycle de dégâts et de réparations d’urgence risque de dégrader les installations à long terme.

Kyiv vise de plus en plus les équipements les plus complexes, ceux qui retirent les impuretés du carburant et dont la réparation prend des mois. Selon l’AIE, la production russe de diesel a chuté d’environ 30 %, et des automobilistes ont dû attendre jusqu’à 40 heures pour faire le plein. En début d’année, la crise du carburant avait forcé les autorités à restreindre les ventes d’essence.

Pour tenir, les raffineurs reportent l’entretien prévu, remettent en marche des unités arrêtées et abaissent les normes de qualité des carburants, au risque d’endommager les moteurs et les dispositifs antipollution.

Une onde de choc jusqu’à la pompe

Le Kremlin a aussi interdit les exportations de diesel, ce qui a fait grimper les prix mondiaux, au point que Donald Trump a exhorté l’Ukraine, le 13 septembre, à cesser de frapper les raffineries.

Le Canada le ressent. La semaine dernière, le diesel s’est approché de sommets historiques au pays, à environ 2,60 $ le litre en moyenne, selon La Presse. Le Canada exporte pourtant plus de carburant qu’il n’en consomme, et à Ottawa, le chef conservateur Pierre Poilievre réclame que le pays se fixe un objectif de production d’un million de barils de diesel par jour, à coups de permis d’urgence et d’allègements fiscaux pour le raffinage, le stockage et le transport.

La guerre aérienne s’intensifie

Moscou frappe aussi. Dans la nuit de dimanche à lundi, la Russie a lancé 205 drones, dont 172 ont été abattus ou neutralisés, selon l’armée de l’air ukrainienne. À Kharkiv, une bombe aérienne guidée a fait au moins trois morts et 29 blessés lundi, dont trois enfants, selon le maire Ihor Terekhov. Le ministère russe de la Défense dit pour sa part avoir abattu 199 drones ukrainiens pendant la nuit.

À Kyiv, un conseiller présidentiel affirme que 12 tourelles automatisées ont été installées pour contrer les drones Shahed. Et à la frontière moldave, un obus tombé près d’un poste de contrôle a légèrement blessé un agent, forçant la suspension des opérations.

Quatre ans et demi après le début de l’invasion, sur une ligne de front de 1200 kilomètres pour l’essentiel figée, chaque camp cherche désormais à faire plier l’autre par ses arrières : les villes d’un côté, les raffineries de l’autre.

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