Kreider avec Suzuki et Caufield : le trio du Canadien cherche encore sa cohésion avant Pittsburgh
Trois matchs ensemble, et le nouveau premier trio de Martin St-Louis ne s’est pas encore trouvé. Le vétéran de 35 ans doit apprendre le système du Canadien, surtout sans la rondelle.

Trois matchs. Deux préparatoires, un qui comptait. Et le nouveau trio de Chris Kreider, Nick Suzuki et Cole Caufield cherche toujours son rythme.
Pas de panique au Centre Bell. Mais pas encore de résultats non plus, a constaté Radio-Canada.
Mardi, contre les Maple Leafs, le trio du Canadien a contrôlé environ 20 % de la possession face à celui d’Auston Matthews. Peu de rondelle, donc beaucoup de travail défensif. Exactement ce que l’entraîneur veut peaufiner.
Le pari de St-Louis
L’idée est simple. Martin St-Louis a jumelé Kreider à Suzuki et Caufield dès le premier jour du camp. Objectif : diversifier une attaque trop dépendante des trois mêmes joueurs l’an dernier.
Effet domino : Juraj Slafkovsky retrouve Ivan Demidov, avec qui il avait développé une belle complicité. Deux trios dangereux plutôt qu’un. En théorie.
« Ça s’est amélioré à chaque match qu’il a joué », a assuré Suzuki jeudi, après l’entraînement dans une lointaine banlieue de Pennsylvanie. Il énumère ce que Kreider doit absorber : une nouvelle organisation, de nouveaux coéquipiers, un nouveau système. « Ça fait beaucoup. »
Il le sait d’expérience. « Notre système est assez détaillé. Ça nous a quand même pris du temps comme équipe pour le maîtriser. »
Sans la rondelle
Pour St-Louis, le chantier est précis. « Je pense que ça demande une adaptation pour le jeu sans la rondelle plus que pour le jeu avec la rondelle », a-t-il expliqué. Le jeu sans rondelle, c’est le positionnement, le repli, la couverture : tout ce qui se fait quand l’adversaire contrôle le disque.
Suzuki rappelle que l’adaptation va dans les deux sens. Caufield et lui jouent ensemble depuis environ sept ans. Ils aiment se démarquer dans les espaces libres et garder la rondelle. Kreider, lui, rôde autour du filet.
« Kreider veut vraiment que ça marche avec nous », a insisté Suzuki.
Un style à part
Kreider ne copie pas Slafkovsky. Malgré un gabarit comparable, le vétéran pratique un jeu plus direct, plus simple. Il s’installe devant le gardien pour semer le chaos, faire dévier des tirs, sauter sur les retours.
Problème : sous St-Louis, le Canadien a toujours privilégié la qualité des tirs plutôt que la quantité. Kreider, lui, a besoin de volume. Il l’a dit après le dernier match préparatoire contre les Sénateurs : multiplier les tirs, « c’est la meilleure façon de fragiliser la structure défensive de l’autre équipe et de générer des occasions de marquer ».
Il a déjà connu ça
Le rôle du petit nouveau à qui on confie les clés n’est pas neuf pour l’Américain de 35 ans. La saison dernière, après les 13 premières années de sa carrière avec les Rangers de New York, il débarquait à Anaheim.
Blanchi à son premier match, il avait ensuite réussi deux doublés de suite. Après neuf matchs, il avait neuf buts, au sein du premier trio des Ducks avec Leo Carlsson et Troy Terry.
À Montréal, d’autres s’y sont cassé les dents avant lui aux côtés de Suzuki et Caufield : Zachary Bolduc, Alex Newhook, Josh Anderson. Alexandre Texier y avait connu une période aussi lumineuse qu’inattendue l’an dernier. Mais jamais ce duo n’a été aussi dominant qu’avec Slafkovsky.
En rafale
Oliver Kapanen semblait en pleine forme à l’entraînement, en rotation avec Kirby Dach et Texier dans le trio de Phillip Danault. Mais St-Louis ignore encore si l’attaquant finlandais de 23 ans sera disponible. Son cas est réévalué chaque jour.
Prochain rendez-vous : samedi soir, contre les Penguins. Un test de plus pour un trio qui doit prouver que le pari de St-Louis valait la peine.


