« J’aime le peuple canadien » : Trump ménage les Canadiens, mais tire à boulets rouges sur leurs dirigeants
Le président américain affirme que le Canada a « profité » des États-Unis pendant des années et qu’il reçoit maintenant « une petite leçon ». L’automobile reste au cœur de ses griefs.

Que reproche Donald Trump au Canada, cette fois? La même chose que d’habitude, mais en séparant les Canadiens de leurs dirigeants. « J’aime le peuple canadien », a-t-il lancé mercredi, tout en affirmant que les dirigeants du pays ont « profité » des États-Unis trop longtemps, rapporte le National Post.
Qu’a-t-il dit exactement?
Lors d’un événement à la Maison-Blanche soulignant le Mois du patrimoine hispanique, le président a affirmé que les États-Unis avaient été « si stupidement dirigés » par le passé, parce qu’ils avaient « permis » aux constructeurs automobiles de fabriquer dans d’autres pays, dont le Canada, des voitures destinées au marché américain (traduction libre).
« Le Canada a profité de nous pendant tellement d’années. Le pire de tous les pays », a-t-il poursuivi (traduction libre). Avant d’ajouter aussitôt : « J’aime le peuple canadien. Tellement d’amis » (traduction libre). Il a notamment salué l’ancien joueur de hockey Wayne Gretzky et sa femme, Janet. Wayne Gretzky a été vu à plusieurs reprises aux côtés de Donald Trump, notamment à la soirée électorale de novembre 2024 à Mar-a-Lago et à son investiture, en janvier 2025.
Dans un extrait diffusé sur les réseaux sociaux, il ajoute, à propos du Canada : « Ils étaient très mauvais. Maintenant, on leur donne une petite leçon » (traduction libre). Le National Post y voit une charge contre les dirigeants du pays.
Pourquoi l’automobile?
Parce que c’est là que se joue la suite. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a été interrogé jeudi sur une possible surtaxe de 50 % sur l’automobile canadienne à compter du 1er janvier. Il a répondu, selon Radio-Canada, que la politique commerciale américaine est axée sur la relocalisation de la production aux États-Unis. Les propos du président vont exactement dans ce sens : pour lui, une voiture vendue aux Américains devrait être construite aux États-Unis.
Qu’est-ce que ça change pour la négociation?
Sur le fond, pas grand-chose. Jamieson Greer répète que Washington est prêt à conclure un accord avec le Canada, mais pas à supprimer complètement ses droits de douane. La question, dit-il, est de savoir si Ottawa est prêt à dire oui à certains points.
Sur le ton, le contexte politique évolue au Canada. Le National Post se demandait d’ailleurs jeudi si la carte Trump de Mark Carney avait perdu de son efficacité dans les campagnes électorales en cours en Colombie-Britannique et au Québec.
Et maintenant?
La prochaine échéance est le 1er janvier, date à laquelle la surtaxe sur l’automobile pourrait s’appliquer. D’ici là, les négociations techniques se poursuivent entre les deux capitales.
À retenir : Donald Trump distingue les Canadiens, qu’il dit aimer, de leurs dirigeants, qu’il veut faire plier, et l’automobile reste son principal levier.


