Itinérance : Gatineau salue le sommet de PSPP, le milieu communautaire craint un exercice de plus
La mairesse Maude Marquis-Bissonnette réclame un « plan de match national » et du financement pour les organismes. Sur le terrain, on rappelle que des états généraux ont déjà eu lieu en 2024.

Le futur premier ministre veut faire de l’itinérance une affaire personnelle. À Gatineau, la mairesse applaudit. Le milieu communautaire, lui, demande des gestes avant un autre sommet.
Paul St-Pierre Plamondon a promis, au lendemain des élections, de s’en occuper personnellement et d’avoir déjà demandé à son équipe de débloquer les fonds. En campagne, il s’était engagé à réduire de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance en quatre ans et à y investir un milliard de dollars. Le Parti québécois a aussi promis de tenir un sommet sur la question dans les prochains mois.
Gatineau y croit
La mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, a parlé d’une ambition réclamée depuis quatre ans par le monde municipal. Selon Le Droit, elle juge « franchement rassurant » que M. St-Pierre Plamondon soit le chef qui s’est le plus avancé sur le sujet pendant la campagne.
Elle veut un plan qui réunit les trois ordres de gouvernement et les organismes communautaires. « Ce n’est pas un plan de match gouvernemental que ça prend, mais un plan de match national », a-t-elle insisté. Gatineau a vécu durement la hausse de l’itinérance. Il y a deux ans, la Ville est devenue la première grande ville à investir directement 25 millions de dollars sur cinq ans dans ce champ de compétence, qui n’est pas le sien.
Sa priorité : maintenir les gens en logement, avec du soutien financier et de l’aide psychosociale. L’argent, dit-elle, doit aller aux organismes sur le terrain, pas à la Ville. Elle demande toutefois que le rôle des villes soit reconnu et financé par Québec.
Les organismes veulent des actes
Côté communautaire, l’accueil est plus froid. Alexandre Gallant, coordonnateur du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais, rappelle que plusieurs gouvernements ont promis de prendre le dossier au sérieux, et que des états généraux ont eu lieu en 2024. « Les solutions, on les connaît. Maintenant on veut passer à l'action. »
Annie Castonguay, de l’organisme Réhabex, va plus loin. « On a eu des états généraux il y a à peine deux ans », dit-elle, avant de lancer : « Est-ce que cette dépense-là est nécessaire? » Elle demande plutôt des ressources pour les organismes, notamment contre le manque d’hébergement pour les femmes en Outaouais et pour soutenir les jeunes qui sortent de la Direction de la protection de la jeunesse.
Le conseiller municipal Timmy Jutras salue la proposition, mais craint que l’échéancier ne réponde pas aux besoins avec l’hiver qui approche. Il réclame des solutions à court terme.
Des chiffres qui pèsent
Le Collectif dévoilera jeudi son bulletin annuel. Le rapport de l’an dernier montrait une hausse de 54 % de l’itinérance chez les jeunes dans les refuges d’urgence de l’Outaouais, de 269 à 414 personnes.
Selon Radio-Canada, une femme en situation d’itinérance est morte dans un incendie sur le campement Notre-Dame, à Montréal. Le chef libéral, Charles Milliard, a offert sa collaboration au premier ministre désigné, notamment pour le sommet.
La suite
Le gouvernement péquiste sera minoritaire, avec 59 sièges, et devra négocier avec l’opposition. Pour le milliard promis, les questions de contribuables sont simples : où ira l’argent, à quel rythme, et quels résultats mesurera-t-on? Le sommet des prochains mois devra y répondre avant l’hiver, que les organismes de l’Outaouais attendent déjà.


