Immobilier à Montréal : les ventes reculent de 12 % et l'offre gonfle de 20 %
Selon La Presse, les ventes ont baissé dans le Grand Montréal en septembre, tandis que le nombre de propriétés à vendre a bondi. Le marché penche vers les acheteurs, mais l'effet sur les prix reste incertain.

Le nombre de propriétés à vendre augmente plus vite que la demande dans le Grand Montréal. En septembre, les ventes résidentielles de la région ont reculé de 12 % par rapport au même mois de 2025, selon La Presse, qui s'appuie sur les plus récents chiffres de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), tirés de la plateforme Centris.
Dans le même temps, l'inventaire, c'est-à-dire le nombre de propriétés offertes en vente, a grimpé de 20 % pour atteindre 21 793 propriétés. C'est le quatorzième mois consécutif de hausse, a rapporté La Presse.
Une détente qui commence au centre
Le recul n'est pas uniforme. Les copropriétés des quartiers centraux, comme Ville-Marie ou Griffintown, sont le segment où la détente est la plus nette. Il faut remonter à 2016, a dit Camille Laberge, économiste principale à l'APCIQ, pour retrouver une conjoncture comparable, selon La Presse.
Dans les couronnes, plusieurs marchés restent à l'avantage des vendeurs, « sans être aussi tendus que ce qu'on a pu voir en 2024 et 2025 », a dit Mme Laberge à La Presse. Elle compare la détente à une goutte qui tombe dans une flaque d'eau : elle commence au centre, puis se répand.
Pourquoi la demande recule
Selon les experts cités par La Presse, la demande fléchit pour plusieurs raisons : un bilan démographique en baisse, une hausse anticipée des taux hypothécaires, des logements chers et un marché de l'emploi fragile. Le taux hypothécaire, c'est l'intérêt que paie un acheteur sur le prêt qui finance sa maison.
S'y ajoute une embellie sur le marché locatif. Quand les loyers montaient fort, bien des gens voulaient acheter une copropriété pour sortir de la location. Avec des hausses de loyer moins vives, cette incitation s'affaiblit, explique Mme Laberge.
Des prix qui ralentissent
Les prix sont plus difficiles à lire que les ventes. Selon Mme Laberge, ceux des condos stagnent depuis 2023, surtout dans les quartiers centraux. Pour les maisons unifamiliales, la croissance ralentit : elle parle de hausses de « 2, 3, 5 % un bon mois » cette année, contre 8 à 10 % par mois l'an dernier.
Le courtier David Tardif, de son côté, dit avoir vendu l'an dernier des propriétés qu'il ne revendrait pas au même prix cette année. Pour un ménage qui achète, le rapport de force se déplace : il y a plus de choix et plus de temps pour décider.
Les offres multiples, ces situations où plusieurs acheteurs se disputent la même maison, ont presque disparu. Le courtier Marc Lefrançois, de Royal LePage, dit qu'il voyait auparavant 30 à 40 % des propriétés partir ainsi. M. Tardif affirme recevoir deux ou trois offres par bien, contre dix ou douze pendant la COVID, selon La Presse.
À surveiller
Les experts appellent à la prudence. Le marché de l'île de Montréal bascule vers les acheteurs, mais pas au même rythme partout : Montréal-Nord reste peu actif, selon M. Lefrançois. M. Tardif prévoit une « dégradation » du marché jusqu'à l'été 2027, et ne voit pas de signe de reprise dans les prochaines semaines, rapporte La Presse.
Reste à savoir si cette détente se traduira par des baisses de prix durables. Les prochains chiffres de l'APCIQ diront si le recul des ventes se poursuit.


