Hommage symphonique à Renaud : Diane Dufresne et Isabelle Boulay rejoignent la bande à Yann Perreau
Une quinzaine d’interprètes québécois et 35 musiciens de l’Orchestre national de jazz de Montréal célébreront les 50 ans de carrière du chanteur français, à Montréal le 9 octobre et à Québec le 11. Renaud sera dans la salle.

Des tables, des chaises, des guirlandes de lumière : Yann Perreau veut que la salle ressemble à une guinguette, un de ces bals populaires où l’on chante en chœur. Au milieu de ce décor, une quinzaine d’artistes québécois viendront tour à tour reprendre Renaud, pour souligner les 50 ans de carrière du chanteur français, rapportent La Presse et Le Droit.
Le spectacle sera présenté à Montréal le 9 octobre, puis à Québec le 11. Deux soirs seulement. Et deux invitées de marque viennent de s’ajouter : Diane Dufresne et Isabelle Boulay ont annoncé ces derniers jours qu’elles se joignaient à la troupe.
Un orchestre très cuivré
L’Orchestre national de jazz de Montréal accompagnera les voix, soit 35 musiciens sous la direction musicale d’Antoine Gratton. Ce dernier a lui-même écrit les partitions et réarrangé les chansons pour un orchestre de jazz. « Un travail colossal », résume Perreau, qui signe la mise en scène.
« C’est un vrai hommage symphonique, mais avec un orchestre très jazz, très cuivré », décrit-il. Antoine Gratton, qu’on entend rarement chanter sur scène, s’offrira d’ailleurs En cloque.
Diane Dufresne apportera une chanson de Bourvil que Renaud aime depuis l’enfance. Perreau ne la nomme pas, mais ses indices pointent tout droit vers La tendresse.
Les poteaux de Renaud
Autour de Perreau, la distribution réunit des visages bien connus de la scène québécoise : Daniel Boucher, Émile Bourgault, Keith Kouna, Betty Bonifassi, France Castel, Luc De Larochellière, Mara Tremblay et son fils, Édouard Tremblay-Grenier. Perreau chantera Chanson pour Pierrot, puis Dès que le vent soufflera en trio avec les Acadiennes Édith Butler et Marie-Jo Thério. Gaële, chanteuse née en France et grande admiratrice de Renaud, sera présente du début à la fin, et cinq jeunes des Petits Chanteurs du Mont-Royal compléteront la bande.
Keith Kouna, qui avait adapté Laisse béton à la sauce québécoise il y a près de 20 ans sous le titre Oublie ça, en livrera une version mixte, aux couplets alternés.
Pendant deux heures, une vingtaine de chansons alterneront entre la douceur de Mistral gagnant, de Morgane de toi ou de Manu, l’humour de Germaine ou de Dans mon HLM, et quelques textes plus mordants, comme Miss Maggie, confiée en duo à Daniel Boucher et Keith Kouna.
« Ce n’est pas une chronologie ni une biographie, mais un hommage émotionnel », explique Yann Perreau au Droit. Le public suivra les visages successifs de Renaud : le loubard, le révolutionnaire, l’amoureux, puis l’homme qui regarde vers l’avenir à travers l’enfance.
Le chanteur au premier rang
Renaud, touché par l’idée et ému par les extraits que l’équipe lui a fait entendre, a promis d’assister aux deux concerts. Il n’est pas prévu qu’il monte sur scène, mais Perreau n’a pas renoncé à le convaincre.
Malgré quelque 20 millions d’albums vendus, Renaud reste moins chanté ici qu’en France, convient le metteur en scène. Lui-même avoue avoir surtout connu les grands succès. Son album chouchou reste Place de ma mob, paru en 1977 avec Laisse béton : l’un des trois premiers vinyles qu’il s’est achetés en arrivant à Montréal, adolescent.
N’attendez pas de tournée : trop d’artistes, trop d’agendas à concilier. Perreau rêve plutôt d’exporter le spectacle en France, puisque les partitions existent et qu’un autre orchestre pourrait les jouer. Une création d’ici, pensée pour voyager.
En attendant, deux soirs de guinguette, et un public qui, peut-être, verra le chanteur au premier rang fredonner ses propres refrains.


